Home Santé80% des Argentins atteints de BPCO ne connaissent pas leur diagnostic : quels sont les symptômes

80% des Argentins atteints de BPCO ne connaissent pas leur diagnostic : quels sont les symptômes

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29. Plus de 2,3 millions d’Argentins pourraient souffrir de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) sans le savoir, une maladie respiratoire souvent confondue avec les effets du vieillissement ou du tabagisme. Une campagne nationale de sensibilisation et de dépistage vient d’être lancée pour améliorer le diagnostic précoce.

  • Près de 77 % des personnes atteintes de BPCO en Argentine ne sont pas diagnostiquées.
  • La BPCO est une maladie progressive qui limite le flux d’air dans les poumons et est principalement causée par le tabagisme et la pollution.
  • Une campagne nationale propose des spirométries gratuites pour encourager le dépistage précoce.

En Argentine, on estime que plus de 2,3 millions de personnes vivent avec la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), une affection progressive qui entrave le flux d’air dans les poumons. Pourtant, selon l’étude nationale EPOC.AR, une part alarmante de ces patients – près de huit sur dix, soit 77 % des cas – ignorent leur diagnostic. Cette situation retarde l’accès aux soins et augmente les risques de complications, tant pour les individus que pour le système de santé.

La BPCO englobe un ensemble de maladies pulmonaires, notamment l’emphysème et la bronchite chronique, caractérisées par une obstruction progressive des voies respiratoires. Cette obstruction est principalement due à l’exposition à la fumée de tabac, mais les polluants environnementaux jouent également un rôle dans le développement de la maladie.

Les symptômes de la BPCO peuvent varier, mais les plus courants incluent :

  • Une toux fréquente accompagnée d’expectorations régulières
  • Des infections respiratoires à répétition
  • Un essoufflement (dyspnée) à l’effort
  • Des sifflements dans la poitrine occasionnels

Aux premiers stades de la maladie, les symptômes peuvent être discrets, voire absents, ce qui rend le diagnostic difficile. Beaucoup de personnes attribuent à tort une toux chronique, des expectorations matinales ou un léger essoufflement au simple vieillissement ou aux conséquences du tabagisme, sans envisager qu’il pourrait s’agir de signes de lésions pulmonaires avancées.

Comme l’explique Alejandro Salvado, chef du service de pneumologie de l’British Hospital de Buenos Aires :

« Le sous-diagnostic est alarmant : la majorité des patients arrivent en consultation trop tard, alors que la maladie est déjà bien installée. »

Un rapport de l’Initiative sur la santé respiratoire, basé sur des études de l’Institut de Copenhague pour les études prospectives, souligne que le sous-diagnostic de la BPCO constitue un obstacle majeur. Le manque d’accès à la spirométrie, un examen simple, rapide et indolore permettant d’évaluer la fonction pulmonaire, est un facteur clé de ce problème. Ce test n’est pas systématiquement proposé dans les centres de soins primaires du pays.

Selon l’Association argentine de médecine respiratoire (AAMR), il est crucial de ne pas négliger les symptômes et de consulter un médecin en cas de toux persistante, d’étouffement ou d’infections respiratoires récurrentes. Sebastián Ferreiro, pneumologue et coordinateur de la Section d’Immunologie et Maladies Obstructives de l’AAMR, précise :

« La BPCO peut passer inaperçue pendant des années car ses symptômes sont souvent confondus avec le vieillissement ou le tabagisme, mais sa détection à temps change complètement le pronostic. »

Pour sensibiliser le public et améliorer le diagnostic précoce, l’AAMR et la Société de Phtisiologie et Pneumologie de la Province de Buenos Aires (STNBA) ont lancé une campagne nationale intitulée « Ça pourrait être une BPCO ». Cette initiative propose des spirométries gratuites dans différents hôpitaux publics du pays, avec des rendez-vous disponibles en ligne sur pedirturno.com.ar.

Ana María Stok, directrice médicale de la recherche en pathologies respiratoires à Tucumán, insiste sur l’importance de l’éducation des patients, du soutien à l’arrêt du tabac et du suivi régulier.

« L’observance du traitement est essentielle, mais seulement un tiers des patients l’obtiennent correctement. »

En Argentine, 22 % de la population fume, selon les dernières données de la Quatrième Enquête nationale sur les facteurs de risque (ENFR), ce qui maintient une exposition élevée à la principale cause de la BPCO. La pollution atmosphérique dans les zones urbaines et l’exposition à la biomasse dans les zones rurales contribuent également à l’aggravation des maladies respiratoires.

Les recommandations internationales de l’Initiative sur la santé respiratoire incluent la création d’un programme national de BPCO, la mise en œuvre d’un dépistage systématique par spirométrie dans les populations à risque et l’intégration de la BPCO dans le système national de surveillance de la santé pour actualiser les données. La décentralisation de la réadaptation pulmonaire, le renforcement des programmes de sevrage tabagique et la garantie d’un accès équitable aux traitements à action prolongée sont également des mesures essentielles.

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