Publié le 3 décembre 2025. Les dirigeants d’entreprises du G20 s’inquiètent de plus en plus des risques liés à la désinformation alimentée par l’intelligence artificielle, aux tensions sociales et au ralentissement économique, selon une nouvelle enquête du Forum économique mondial.
- Le ralentissement économique reste la principale préoccupation des chefs d’entreprise du G20 pour la troisième année consécutive.
- La désinformation et les cybermenaces liées à l’essor de l’intelligence artificielle figurent désormais parmi les cinq principaux risques identifiés.
- Les préoccupations concernant les services publics et les protections sociales insuffisantes, ainsi que le manque de perspectives économiques, sont en hausse.
Les entreprises sont confrontées à un paysage de risques en mutation rapide, marqué par des incertitudes économiques persistantes et l’émergence de nouvelles menaces technologiques et sociales. C’est ce qui ressort de l’Enquête d’opinion auprès des dirigeants 2025, publiée aujourd’hui par le Forum économique mondial en partenariat avec Marsh McLennan et Zurich Insurance Group.
Selon l’enquête, qui a interrogé plus de 11 000 chefs d’entreprise dans 116 pays, les craintes liées à un ralentissement économique continuent de dominer les préoccupations des dirigeants du G20, du Royaume-Uni et des États-Unis. Cependant, pour la première fois, les risques technologiques associés à la désinformation et à la désinformation ont intégré le top 5 des préoccupations.
« Avec l’essor de l’IA, la prolifération de la désinformation permet aux mauvais acteurs d’opérer à plus grande échelle. Les défis posés par l’adoption rapide de l’IA et les cybermenaces associées sont désormais en tête des priorités des conseils d’administration. »
Andrew George, président de Marsh Specialty
Cette montée en puissance des risques technologiques reflète les inquiétudes quant à l’utilisation de l’intelligence artificielle pour alimenter la guerre de l’information, influencer les élections et les marchés financiers, et menacer les infrastructures critiques et la cybersécurité. Les risques sociaux, liés à des services publics et à des protections sociales inadéquates, ainsi qu’au manque d’opportunités économiques, occupent les deuxième et troisième places du classement, témoignant d’une inquiétude croissante face à la fragmentation sociale.
L’inflation, qui était considérée comme le troisième risque le plus pressant en 2024, a glissé à la quatrième place cette année. Les événements météorologiques extrêmes, classés cinquième risque le plus important en 2024 par les dirigeants du G20, ne figurent plus parmi les cinq principaux risques de 2025.
« L’enquête de cette année le montre clairement : des domaines critiques tels que les retraites et la santé publique ne sont plus seulement des questions de gouvernement, mais des priorités des conseils d’administration. Il est inquiétant de constater qu’en Europe aujourd’hui, il y a moins de trois adultes en âge de travailler pour un retraité et que plus d’un tiers des citoyens de l’UE n’épargnent pas suffisamment pour leur retraite. »
Alison Martin, CEO EMEA & Bank Distribution, Zurich
Alison Martin souligne l’urgence d’agir pour renforcer la résilience financière des individus et assurer la stabilité sociale. Elle appelle à une collaboration intersectorielle pour relever ces défis.
L’Enquête d’opinion auprès des dirigeants est menée par le Centre pour la nouvelle économie et la société du Forum économique mondial. Rapport complet de l’enquête (en anglais).
