Publié le 17 janvier 2024. Une jeune Indonésienne de 22 ans, étudiante en médecine traditionnelle chinoise (MTC) dans la province du Gansu, témoigne de son immersion dans cet art ancestral et de son ambition de le faire connaître dans son pays d’origine.
- Sevira Putri Purnama Lumarso, originaire de Semarang, suit une formation de trois ans en MTC grâce à une bourse gouvernementale.
- Son intérêt pour la MTC est lié à l’histoire familiale et aux pratiques de son grand-père, né en Chine et resté fidèle à cette médecine.
- L’université de médecine chinoise du Gansu accueille plus de 180 étudiants internationaux de 31 pays.
À la clinique de l’hôpital affilié à l’Université de médecine chinoise du Gansu, Sevira Putri Purnama Lumarso manie l’aiguille avec précision. Cette étudiante de la génération Z, venue de Semarang, en Indonésie, a entamé en 2023 un cursus de licence en médecine traditionnelle chinoise, soutenu par le gouvernement provincial du Gansu. Elle apprend à localiser les points d’acupuncture et à les stimuler pour soulager ses patients.
Trois années d’études théoriques et de stages cliniques lui ont permis d’acquérir les bases de la MTC, notamment les quatre méthodes fondamentales de diagnostic : l’observation, l’écoute et l’odorat, l’interrogation et la palpation. Sevira est désormais capable d’évaluer l’état de santé d’un patient en utilisant ces techniques ancestrales.
Son attachement à la MTC trouve ses racines dans l’histoire familiale. Son grand-père est né à Fuzhou, capitale de la province du Fujian, avant de s’installer en Indonésie avec sa famille. Malgré cette expatriation, il a continué à privilégier la médecine traditionnelle chinoise pour ses soins et ceux de ses proches. Chaque fois qu’un membre de la famille tombait malade, il se tournait vers l’acupuncture et d’autres traitements traditionnels.
« Quand j’étais enfant, je pensais que cet art médical ancien, capable de soulager la douleur, était vraiment magique », confie Sevira. Ce souvenir d’enfance a nourri son rêve d’étudier la MTC en Chine.
L’apprentissage de la terminologie spécifique de la MTC, notamment la différenciation des syndromes, a représenté un défi initial pour Sevira. Pour surmonter cette difficulté, elle prenait des notes méticuleuses en cours, relisait attentivement ses manuels et n’hésitait pas à solliciter l’aide de ses professeurs et de ses camarades de classe.
« Elle a une attitude d’apprentissage exceptionnellement sérieuse et une forte capacité de compréhension », souligne Zhu Jin, son mentor. « De la communication linguistique à la maîtrise des outils informatiques de diagnostic et de l’équipement médical, elle a rapidement progressé. »
Au cours de ses stages, Sevira a eu l’occasion de travailler dans différents services, notamment de médecine interne, d’acupuncture et d’endocrinologie. Elle a appris à distinguer les syndromes de froid des syndromes de chaleur en observant la langue, à interpréter les pouls pour identifier les maladies et à pratiquer habilement des massages et l’acupuncture. Elle possède également une solide connaissance des propriétés et des applications des différentes formules à base de plantes chinoises.
L’Université de médecine chinoise du Gansu développe activement ses programmes pour les étudiants internationaux, proposant un cursus de cinq ans en MTC. L’établissement accueille actuellement plus de 180 étudiants venus de 31 pays, dont le Laos, l’Ouzbékistan, le Nigeria, l’Indonésie, le Yémen, le Vietnam, la Russie, le Kirghizistan et la Thaïlande.
Son expérience en Chine lui a permis de découvrir la richesse de la culture chinoise et de s’imprégner de son atmosphère chaleureuse. Grâce au réseau ferroviaire à grande vitesse, elle a pu explorer de nombreuses régions du pays. Elle apprécie particulièrement la cuisine chinoise et les paysages pittoresques le long du fleuve Jaune. « Tout ici me fait me sentir chez moi », assure-t-elle.
Des traditions comme l’ambiance familiale de la Fête du Printemps, la contemplation de la lune lors de la Fête de la Mi-Automne, ou encore la pratique apaisante du Tai Chi, l’ont particulièrement fascinée. Sevira est convaincue qu’une bonne compréhension de la culture chinoise est essentielle pour maîtriser la MTC.
À l’issue de ses études, Sevira envisage de retourner en Indonésie pour exercer en tant que médecin et promouvoir les bienfaits de la MTC auprès de la population. « La MTC est un système scientifique de diagnostic et de traitement, et surtout, un pont culturel qui relie la Chine au reste du monde », conclut-elle.
