Publié le 30 décembre 2025 10h38. Avec l’arrivée des vacances de fin d’année et l’augmentation des déplacements, les autorités sanitaires indonésiennes tirent la sonnette d’alarme face à une recrudescence des cas de rougeole, particulièrement chez les enfants non vaccinés.
- Plus de 3 500 cas de rougeole ont été enregistrés en Indonésie en 2024.
- La rougeole est une infection virale hautement contagieuse, comparable au Covid-19, qui peut entraîner des complications graves, notamment chez les jeunes enfants.
- La vaccination reste le moyen de protection le plus efficace contre la rougeole et ses complications.
La période des vacances scolaires, traditionnellement propice aux voyages et aux rassemblements familiaux, suscite des inquiétudes quant à la propagation de maladies infectieuses, en particulier la rougeole. Les parents sont appelés à la vigilance et à s’assurer que leurs enfants sont à jour dans leur calendrier vaccinal.
Selon le Dr Caesar Pronocitro, pédiatre à l’hôpital Pondok Indah – Bintaro Jaya, la rougeole, bien que traitable, ne doit pas être sous-estimée.
« Même si la rougeole peut être traitée, elle ne doit pas être prise à la légère car les complications restent risquées, en particulier pour les enfants dont le système immunitaire n’est pas encore aussi fort que celui des adultes. Les vaccins constituent la principale porte d’entrée pour protéger votre tout-petit contre la rougeole et ses complications. »
Dr Caesar Pronocitro, Sp. A, M.Sc, pédiatre
Les données du ministère indonésien de la Santé (Kemenkes) font état d’une augmentation préoccupante des cas de rougeole. Plus de 3 500 infections ont été recensées en 2024, et jusqu’en août 2025, on comptait déjà plus de 3 400 cas, ainsi que 46 événements extraordinaires de rougeole (KLB) dans différentes régions du pays. Cette tendance à la hausse n’est pas isolée, plusieurs pays à travers le monde, dont les États-Unis, signalant également une augmentation des cas.
La rougeole, également connue sous le nom médical de morbille, est une infection virale qui se transmet par voie aérienne, par les gouttelettes de salive émises lorsqu’une personne infectée tousse, éternue ou parle. Le virus peut également survivre jusqu’à deux heures dans l’air, en particulier dans les espaces clos, et se propager par contact avec des surfaces contaminées.
Chez les enfants, la rougeole peut entraîner des complications graves si elle n’est pas traitée rapidement, affectant potentiellement divers organes vitaux et mettant leur vie en danger. Il est donc crucial de consulter un pédiatre dès l’apparition des premiers symptômes.
Les symptômes de la rougeole comprennent la fièvre, la toux sèche, l’écoulement nasal, la faiblesse, les vomissements, le manque d’appétit et la diarrhée. Quelques jours après le début de ces symptômes, une éruption cutanée rouge apparaît généralement sur le visage et le cou, puis se propage à l’ensemble du corps. Cette éruption commence par de petites taches qui peuvent fusionner pour former des plaques plus larges.
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique pour la rougeole. La prise en charge se concentre sur le soulagement des symptômes, notamment en assurant un repos suffisant, une hydratation adéquate et une alimentation nutritive. Dans certains cas, le médecin peut recommander une supplémentation en vitamine A pour prévenir les complications oculaires et réduire la gravité de la maladie.
La rougeole est particulièrement dangereuse pour les bébés, dont le système immunitaire n’est pas encore pleinement développé. La prévention, par le biais de la vaccination, est donc essentielle. L’Association indonésienne des pédiatres recommande la vaccination MR (rougeole-rubéole) à l’âge de 9 mois, suivie d’une deuxième dose entre 15 et 18 mois et d’une troisième dose entre 5 et 7 ans. Si le vaccin MR a été administré à l’âge de 12 mois, le vaccin MR/ROR (Oreillons + Rougeole-Rubéole) peut être utilisé, avec une deuxième dose six mois plus tard et une troisième dose entre 5 et 7 ans.
Malheureusement, le refus de la vaccination par certains parents contribue à la baisse de la couverture vaccinale et à l’augmentation des cas de rougeole. Un enfant non vacciné peut infecter de nombreuses personnes non immunisées autour de lui, en particulier les bébés de moins de 9 mois qui ne sont pas encore éligibles à la vaccination. Leur seule protection réside dans l’immunité collective, c’est-à-dire le niveau de protection vaccinale au sein de la communauté.



