Publié le 2024-02-29 14:35:00. Face à la persistance du COVID-19 chez les patients immunodéprimés, une équipe médicale japonaise a exploré avec succès une approche thérapeutique alternative : la phytothérapie traditionnelle, plus précisément une formule à base de plantes appelée Mao-to.
- Le COVID-19 persistant représente un défi majeur pour les patients dont le système immunitaire est affaibli.
- Les traitements antiviraux classiques, tels que le molnupiravir, le remdesivir et le nirmatrelvir/ritonavir, s’avèrent parfois inefficaces dans ces cas.
- L’administration de Mao-to (Ma-huang-tang) a permis une amélioration clinique significative chez un patient atteint d’un lymphome et présentant une infection persistante au SARS-CoV-2.
Le COVID-19 persistant, ou long COVID, constitue une préoccupation croissante, en particulier chez les personnes dont le système immunitaire est compromis. Les patients souffrant de lymphomes, de déplétion en lymphocytes B ou d’autres hémopathies malignes sont particulièrement vulnérables à des infections prolongées et difficiles à traiter. Dans de nombreux cas, les antiviraux habituellement prescrits, comme le molnupiravir, le remdesivir et l’association nirmatrelvir/ritonavir, ne parviennent pas à éradiquer le virus.
Une équipe médicale japonaise a rapporté le cas d’un homme de 62 ans, traité pour un lymphome folliculaire, qui a développé une infection persistante au SARS-CoV-2 malgré plusieurs cures d’antiviraux et de corticostéroïdes. Après plus de deux mois d’infection continue, la charge virale restait détectable, avec un seuil de cycle (Ct) de 27,6 lors d’une réaction en chaîne par polymérase (PCR), indiquant une activité virale persistante. Face à l’absence d’alternatives thérapeutiques efficaces, les médecins ont décidé d’explorer une approche différente.
Ils ont administré au patient du Mao-to (Ma-huang-tang), une formule de phytothérapie traditionnelle japonaise, également connue sous le nom de “Kampo”. Ce traitement, disponible sous forme de granules d’extrait, a été prescrit à une dose de 2,5 g trois fois par jour pendant 14 jours. Les résultats ont été encourageants : la valeur Ct de la PCR a considérablement augmenté, passant de 27,6 à 41, ce qui suggère une réduction significative de la charge virale. Parallèlement, l’état clinique du patient s’est amélioré.
Selon les chercheurs, le Mao-to pourrait offrir une option thérapeutique complémentaire et économique pour les patients immunodéprimés atteints de COVID-19 persistant qui ne répondent pas aux traitements conventionnels. Un traitement de 14 jours avec le Mao-to coûte environ 1 200 yens (soit environ 8 dollars américains), ce qui est nettement moins cher qu’une cure prolongée d’antiviraux standards. Cette étude de cas suggère que la phytothérapie traditionnelle pourrait jouer un rôle dans la gestion des infections persistantes au SARS-CoV-2 lorsque les approches thérapeutiques classiques échouent.
