Publié le 2024-11-08 14:35:00. Une nouvelle étude révèle que les coronavirus humains, bien connus pour leur impact sur les voies respiratoires, peuvent également infecter les cellules endothéliales des poumons, déclenchant une réponse inflammatoire et antivirale, bien que retardée. Ces découvertes pourraient éclairer le rôle de ces cellules dans les infections respiratoires, tant supérieures qu’inférieures.
- L’infection des cellules endothéliales microvasculaires pulmonaires humaines par le coronavirus humain 229E (HCoV-229E) provoque une réplication virale significative.
- Cette infection induit une réponse inflammatoire et antivirale, impliquant des molécules telles que l’interféron bêta (IFN-β) et des récepteurs de reconnaissance de formes (TLR3, TLR7/8, RIG-I, MDA5), mais cette réponse est observée avec un certain délai.
- Le blocage de l’AP-N, une protéine virale, inhibe à la fois la réponse inflammatoire et antivirale, ainsi que la multiplication du virus.
Les coronavirus humains (HCoV) sont des agents pathogènes courants responsables de maladies respiratoires allant du simple rhume à des infections plus graves. Si leur action sur les cellules épithéliales des voies respiratoires est bien documentée, leur influence sur l’endothélium pulmonaire – la paroi interne des vaisseaux sanguins pulmonaires – restait jusqu’à présent moins bien comprise. Des chercheurs ont donc étudié l’impact du HCoV-229E, un coronavirus faiblement pathogène, sur les cellules endothéliales microvasculaires du poumon humain (HMVEC-L).
Leurs travaux ont démontré que les HMVEC-L peuvent être infectées par le HCoV-229E, entraînant une réplication virale importante, particulièrement 96 heures après l’infection (hpi), mais déjà efficace dès 48 hpi. Cette infection déclenche une réponse inflammatoire, caractérisée par la libération de molécules comme l’IL-8 et l’IL-6, et une réponse antivirale, impliquant l’IFN-β, OAS-1, PKR et MX-1. L’activation des récepteurs de reconnaissance de formes (TLR3, TLR7/8, RIG-I, MDA5) a été observée à partir de 72 heures post-infection. Parallèlement, les chercheurs ont constaté des effets cytopathiques et une augmentation de l’apoptose, c’est-à-dire la mort cellulaire programmée.
Une expérience clé a révélé que le blocage de l’AP-N, une protéine essentielle à la réplication virale, inhibait non seulement la multiplication du HCoV-229E dans les HMVEC-L, mais également l’induction des réponses inflammatoires et antivirales. Ces résultats suggèrent que l’AP-N joue un rôle crucial dans la pathogenèse de l’infection.
En conclusion, cette étude met en évidence le potentiel des cellules endothéliales microvasculaires pulmonaires à être infectées par les coronavirus humains et à contribuer à la réponse immunitaire lors d’infections respiratoires. Les chercheurs soulignent que les HMVEC-L pourraient jouer un rôle important dans les infections des voies respiratoires supérieures et inférieures causées par les Coronaviridae.
Mots-clés : réponse antivirale ; coronavirus humain 229E ; inflammation ; interféron ; cellules endothéliales microvasculaires.
