Publié le 2024-11-26. Des chercheurs ont réussi à restaurer des fonctions motrices chez des souris en greffant des neurones humains dans leur cerveau, une avancée prometteuse pour le traitement des accidents vasculaires cérébraux et d’autres maladies neurologiques.
- La transplantation de neurones humains permet de reconstruire les circuits neuronaux endommagés.
- Une combinaison de médicaments et de protéines structurelles favorise l’intégration des nouvelles cellules dans le cerveau.
- L’identification d’un « code génétique d’orientation » guide les neurones transplantés vers leur destination précise.
Une percée scientifique majeure ouvre de nouvelles perspectives dans la lutte contre les séquelles des accidents vasculaires cérébraux (AVC), l’une des principales causes d’invalidité dans le monde. Des chercheurs de l’Institut de découverte médicale Sanford Burnham Prebys, en collaboration avec la Faculté de médecine de l’Université Duke-National de Singapour (NUS), ont démontré qu’il est possible de restaurer des fonctions motrices perdues chez des souris grâce à la transplantation de neurones humains.
L’étude, publiée dans la revue Cell Stem Cell, révèle que ces cellules transplantées peuvent survivre, mûrir et se reconnecter au réseau neuronal existant, permettant ainsi de pallier les dommages causés par un AVC. Les chercheurs ont notamment identifié un mécanisme clé qui guide les cellules vers les zones endommagées du cerveau et favorise leur intégration.
L’AVC, et plus particulièrement l’AVC ischémique – survenant lorsqu’un vaisseau sanguin est bloqué – provoque la mort de cellules cérébrales et entraîne des conséquences motrices, cognitives et sensorielles. L’environnement cérébral adulte, après un tel événement, est généralement hostile à la régénération cellulaire. Selon l’Institut Sanford Burnham Prebys, des molécules inflammatoires et la formation de tissu cicatriciel entravent l’intégration de nouvelles cellules thérapeutiques.
Pour surmonter cet obstacle, l’équipe de recherche a mis au point une approche combinant des médicaments et des protéines structurelles. « Dans le cerveau adulte, après un accident vasculaire cérébral, l’environnement est hostile et les cellules doivent survivre dans une sorte de marécage dangereux », explique Su Chun Zhang, directeur du Centre des maladies neurologiques de l’Institut.
Les chercheurs ont également découvert un « code génétique d’orientation », ou « code transcriptionnel pour le guidage axonal », qui détermine comment chaque type de neurone dirige ses axones – les prolongements des cellules nerveuses qui transmettent les signaux – pour se connecter à des zones spécifiques du cerveau et de la moelle épinière. « Nous avons découvert que différents types de neurones transplantés trouvent leurs propres partenaires même dans le contexte complexe du cerveau adulte », précise Su Chun Zhang.
Grâce à l’utilisation de l’apprentissage automatique, l’équipe a pu identifier des sous-types neuronaux spécifiques et analyser l’impact de certaines protéines, comme Astuce2, sur la destination des connexions formées. Cette compréhension plus fine des mécanismes d’intégration permettra de sélectionner les cellules les plus appropriées pour de futures stratégies de réparation cérébrale.
Ces résultats ouvrent la voie à des thérapies régénératives plus précises et personnalisées. L’Institut Sanford Burnham Prebys souligne l’importance de comprendre comment les cellules transplantées s’intègrent et s’orientent afin de concevoir des traitements efficaces pour restaurer les circuits neuronaux endommagés par les AVC et d’autres maladies neurologiques. Cette avancée représente un espoir tangible pour les millions de personnes touchées par des lésions cérébrales permanentes et confirme le potentiel de la médecine régénérative.
