Publié le 2025-12-24 06:06:00. Après avoir reçu le prix Nobel de la paix, l’opposante vénézuélienne María Corina Machado prépare son retour au Venezuela, un événement qui pourrait marquer un tournant dans la crise politique du pays et tester la cohésion des forces armées.
- María Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix, se trouve dans un lieu tenu secret après son séjour à Oslo.
- Son retour au Venezuela est envisagé avec le soutien d’une coalition de personnalités internationales, surnommées les « Chevaliers d’honneur ».
- La situation pose un dilemme aux forces armées vénézuéliennes : arrêter une figure de l’opposition blessée ou faciliter une transition politique.
L’intrigue entourant María Corina Machado a pris une nouvelle tournure après la cérémonie de remise du prix Nobel à Oslo. Si des images d’elle, acclamée par la foule, ont circulé, le silence est désormais de mise quant à son lieu de séjour. Claudia Macero, responsable de sa communication, a indiqué à Article14 que les entretiens avec Machado sont « pour l’instant, arrêtés ».
La dirigeante de l’opposition a donné une dernière interview à la radio le mercredi 17 décembre, au cours de laquelle elle a déclaré que le régime de Nicolás Maduro « a déclaré la guerre au peuple vénézuélien et aux démocraties occidentales ». Elle a affirmé que le président Trump mettrait fin à cette guerre, insistant sur la nécessité de « sauver des vies ».
Le retour de Machado sur le territoire vénézuélien est envisagé comme une « mission de paix invasive », impliquant une entrée escortée par des personnalités internationales. Parmi ces « Chevaliers d’honneur » figurent Javier Miley, président d’Argentine, Daniel Noboa, président de l’Équateur, et Santiago Peña, président du Paraguay. La présence du prix Nobel russe Dmitri Muratov garantirait une couverture médiatique en temps réel en cas de tentative d’arrestation.
Selon des sources proches de Machado, elle ne se trouve pas en Espagne. Des analystes suggèrent qu’elle pourrait être hospitalisée à Madrid ou à Miami, où elle dispose d’un soutien logistique important, avant de se rendre à Caracas.
Le conseil politique vénézuélien est entré dans une phase critique suite à la remise du prix Nobel. Ce qui avait commencé comme une lutte pour la reconnaissance des résultats des élections présidentielles du 28 juillet 2024 s’est transformé en une opération globale où Machado est perçue non seulement comme une leader clandestine, mais comme une institution internationale protégée par un « sacrifice physique et un soutien multilatéral sans précédent ».
Son apparition à Oslo le 10 décembre a confirmé son départ stratégique du Venezuela après plus d’un an de clandestinité, révélant également le coût humain de l’opération « Dynamite dorée », une fuite rocambolesque qui l’a menée du Venezuela à la Norvège. Des rapports médicaux ont confirmé une fracture par compression de la vertèbre L1, survenue lors d’une traversée maritime périlleuse de cinq heures en bateau de pêche à travers la mer des Caraïbes. Cette blessure, loin d’être perçue comme une faiblesse, a renforcé le récit de son engagement et de sa détermination.
Les fuites révèlent que plusieurs pays de l’Union européenne font pression sur le procureur par intérim Mame Mandiaye Niang pour qu’il accélère les mandats d’arrêt contre la chaîne de commandement de Maduro, arguant que la persécution systématique de Machado est désormais prouvée.
Machado, selon Pedro Urruchurtu, coordinateur des affaires internationales de Vente Venezuela, n’a pas prévu de tournée internationale, mais se concentre sur son retour prochain au Venezuela. Elle a reçu des invitations de haut niveau, mais sa priorité reste la chute du régime de Maduro.
« Elle va bien, stable et calme. Elle se repose, suit des rendez-vous médicaux et est soignée par des spécialistes. Le traitement concerne une blessure, une fracture d’une vertèbre. Mais elle est de bonne humeur et travaille comme d’habitude. »
Pedro Urruchurtu, coordinateur des affaires internationales de Vente Venezuela
Admise d’urgence à l’hôpital universitaire d’Ullevål à Oslo, Machado a été diagnostiquée avec une fracture par compression de la vertèbre L1, résultant d’un choc violent lors de la traversée maritime.

Le retour de Machado représente un défi existentiel pour l’État vénézuélien : l’arrêter, au risque de provoquer une crise internationale, ou la laisser entrer, cédant de facto le contrôle territorial. La situation a également créé une fracture au sein des Forces armées nationales bolivariennes (FANB), où des officiers expriment leur désapprobation face aux menaces de Maduro et à la perspective d’arrêter une lauréate du prix Nobel blessée.
Le résultat de cette crise, attendu avant la fin de l’année, obligera l’armée vénézuélienne à faire face à un moment décisif de son histoire : choisir entre servir de geôlier ou faciliter une transition politique que la communauté internationale considère comme inévitable.

