Publié le 8 décembre 2025. Une nouvelle étude de neurosciences révèle que le développement du bébé dans le ventre de sa mère est bien plus actif et complexe qu’on ne le pensait, avec une capacité d’apprentissage et de perception sensorielle étonnante dès les premiers mois de la grossesse.
Que se passe-t-il réellement dans le ventre maternel ? Comment le fœtus interagit-il avec son environnement avant même de naître ? L’essai « Apprendre avant de naître », publié par Il Mulino, apporte des réponses fascinantes à ces questions, grâce aux recherches de Laila Craighero, professeure de neurosciences cognitives à l’Université de Ferrare.
L’étude met en lumière le développement progressif des cinq sens du fœtus. Dès le premier trimestre, le toucher se manifeste avec l’apparition de récepteurs tactiles sur le visage, les mains et les pieds. Le goût et l’odorat suivent rapidement, avec le développement des papilles gustatives dès la huitième semaine de gestation et des cellules olfactives peu après. Le fœtus avale le liquide amniotique, permettant aux saveurs et aux odeurs de stimuler ses récepteurs.
« À partir de la onzième semaine, le fœtus avale le liquide amniotique. Et à partir de la dixième semaine, les mouvements dits respiratoires sont présents, irréguliers en fréquence et en amplitude, qui contribuent au développement des poumons. »
Laila Craighero, professeure de neurosciences cognitives à l’Université de Ferrare
Les réactions faciales des fœtus et les préférences alimentaires des nouveau-nés témoignent de cette capacité à percevoir et à mémoriser les arômes. Des expériences ont montré que les bébés reconnaissent et apprécient les odeurs auxquelles leur mère a été exposée pendant la grossesse, comme l’ail, l’anis ou la carotte.
L’audition se développe également progressivement. Des études ont révélé que les fœtus réagissent différemment aux sons en fonction de leur fréquence, avec une sensibilité accrue aux sons de 250 et 500 Hz à 27 semaines, puis à 1000 Hz à 33 semaines et à 3000 Hz à 35 semaines. L’intensité sonore nécessaire pour provoquer une réaction diminue au fil des semaines, signe d’une audition de plus en plus fine.
Mais le son préféré du fœtus est sans conteste la voix de sa mère. L’auteure explique que les paroles maternelles parviennent au bébé non seulement par transmission aérienne, mais aussi par conduction interne, à travers les organes. Les réactions du fœtus sont plus attentives et intéressées lorsqu’il entend sa mère parler.
Le développement de la vue est le dernier à se mettre en place. La vision du nouveau-né est encore floue et limitée à quelques mois après la naissance. Cependant, des recherches ont montré que les bébés sont capables de reconnaître le visage de leur mère dès les premières heures de leur vie. Une expérience classique a démontré que les nouveau-nés augmentent leur rythme de succion lorsqu’ils voient le visage de leur mère, une réaction qui ne se produit pas avec le visage d’un inconnu.
Enfin, l’étude souligne l’importance du mouvement dans le développement du fœtus. Dès 14 semaines, les bébés dirigent la majorité de leurs mouvements vers des objets présents dans l’utérus, comme le visage et le corps de la mère, la paroi utérine et le cordon ombilical. Ces mouvements contribuent au développement de la force musculaire et de la coordination.
L’essai de Laila Craighero confirme que le fœtus n’est pas un simple passager passif, mais un apprenant actif qui perçoit, bouge et interagit avec son environnement avant même de naître. Ces découvertes ouvrent de nouvelles perspectives sur la compréhension du développement humain et de la relation entre la mère et son enfant.
