Publié le 28 octobre 2025 19:27:00. Une exposition prénatale à l’acide perfluorooctanoïque (APFO), une substance chimique largement présente dans notre environnement, pourrait augmenter le risque de développement de maladies allergiques chez les jeunes enfants, selon une étude prospective menée auprès de plus de 600 femmes enceintes.
- L’étude révèle une association entre une forte exposition à l’APFO pendant la grossesse et un risque accru de dermatite atopique, de respiration sifflante et de maladies allergiques chez l’enfant.
- Cette association semble particulièrement marquée chez les filles et celles qui présentent un certain profil génétique (génotype GG de l’IL-13 rs20541).
- Les résultats suggèrent que la vulnérabilité génétique pourrait moduler l’impact de l’exposition environnementale à l’APFO sur le développement des allergies.
L’acide perfluorooctanoïque (APFO) est un composé chimique persistant utilisé dans la fabrication de nombreux produits de consommation courante, tels que les revêtements antiadhésifs, les emballages alimentaires et les mousses anti-incendie. Des recherches antérieures ont déjà suggéré que l’APFO pouvait avoir des effets sur le système immunitaire, mais les conséquences d’une exposition prénatale sur le développement des allergies chez l’enfant restaient mal connues.
Pour tenter d’y voir plus clair, des chercheurs ont suivi une cohorte de 648 femmes enceintes, collectant des informations sur leur exposition à l’APFO grâce à des entretiens et des analyses de sang du cordon ombilical à la naissance. La concentration d’APFO a été mesurée dans le sang du cordon, et le génotype de l’IL-13 rs20541, un gène impliqué dans la réponse immunitaire allergique, a également été déterminé. Les enfants ont ensuite été suivis à 6, 12 et 24 mois, afin d’enregistrer l’apparition éventuelle de maladies allergiques.
L’analyse des données a révélé que les enfants dont les mères présentaient les concentrations d’APFO les plus élevées (quatrième quartile) avaient un risque significativement accru de développer une dermatite atopique (risque relatif de 1,66, intervalle de confiance à 95 % : 1,09-2,55), des épisodes de respiration sifflante (risque relatif de 4,06, intervalle de confiance à 95 % : 1,30-12,68) et des maladies allergiques en général (risque relatif de 1,71, intervalle de confiance à 95 % : 1,15-2,54). De plus, chez les mères les plus exposées à l’APFO, on observait également un risque accru de maladie d’Alzheimer (risque relatif de 2,25, intervalle de confiance à 95 % : 1,20-4,23) et de maladies allergiques (risque relatif de 1,93, intervalle de confiance à 95 % : 1,07-3,46).
L’étude a également mis en évidence une interaction entre l’exposition à l’APFO et le génotype de l’IL-13 rs20541. Les enfants porteurs du génotype GG de ce gène et exposés aux concentrations d’APFO les plus élevées présentaient un risque particulièrement élevé de dermatite atopique (risque relatif de 2,82, intervalle de confiance à 95 % : 1,41-5,67), de respiration sifflante (risque relatif de 15,16, intervalle de confiance à 95 % : 1,38-166,59) et de maladies allergiques (risque relatif de 2,42, intervalle de confiance à 95 % : 1,27-4,61).
Ces résultats soulignent l’importance de limiter l’exposition des femmes enceintes à l’APFO et à d’autres substances chimiques potentiellement nocives pour le développement du système immunitaire de l’enfant. Ils suggèrent également que la prise en compte des facteurs génétiques pourrait permettre d’identifier les populations les plus vulnérables et de mettre en place des stratégies de prévention ciblées.
Mots-clés : IL-13 rs20541 ; APFO ; maladies allergiques.
