Publié le 13 décembre 2025 à 00:55. Air Canada a obtenu gain de cause devant les tribunaux canadiens concernant les indemnisations pour bagages retardés, une décision qui remet en question les normes d’indemnisation et ouvre la voie à un réexamen des pratiques de l’Office des transports du Canada (OTC).
- Un juge fédéral a jugé la décision initiale de l’OTC déraisonnable.
- Le litige découle d’un vol de 2022 où les bagages d’un couple sont arrivés avec un jour de retard.
- Air Canada conteste le montant de l’indemnisation, estimant que certains achats étaient excessifs ou effectués après la récupération des bagages.
La Cour fédérale a annulé la décision de l’Office des transports du Canada (OTC) qui ordonnait à Air Canada de verser plus de 2 000 $ à un passager pour des bagages retardés. Le juge Michael Manson a estimé que l’OTC n’avait pas suffisamment justifié le lien entre les retards et tous les achats réclamés, notamment ceux effectués après la réception des valises. Cette décision pourrait avoir des répercussions importantes sur la manière dont les compagnies aériennes indemnisent les passagers pour les inconvénients liés aux bagages perdus ou retardés.
L’affaire a été initiée par Alla Tanous et son épouse Nancy, qui avaient déposé une plainte après que leurs bagages enregistrés n’aient pas été livrés à leur arrivée à Vancouver en 2022, après un vol en provenance de Toronto. Air Canada avait initialement proposé une compensation de 250 $, jugée insuffisante par le couple, qui s’est alors tourné vers l’OTC. L’OTC avait finalement tranché en faveur des passagers, ordonnant à la compagnie aérienne de verser 2 079 $.
Air Canada a contesté cette décision devant la Cour fédérale, arguant que l’OTC avait commis une erreur de jugement en incluant dans l’indemnisation des achats effectués après la récupération des bagages, ainsi que des articles jugés trop coûteux. Le juge Manson a donné raison à la compagnie aérienne, soulignant que l’OTC n’avait pas fourni d’explication logique quant à la pertinence de ces dépenses dans le calcul de l’indemnisation.
Selon les documents judiciaires, M. Tanous avait présenté des reçus totalisant 3 435 $ (environ 2 350 $ selon les règles de l’époque). Le juge a cependant estimé que les dépenses réellement liées au retard des bagages s’élevaient à 1 691,98 $. Parmi les articles contestés figuraient des baskets valant 433,61 $ et une valise Tumi personnalisée d’une valeur de 1 310,40 $. M. Tanous a expliqué avoir acheté les baskets avant de connaître l’heure d’arrivée de ses bagages et la valise pour transporter les nouveaux achats.
Dans un courriel à CBC News, Air Canada s’est dite satisfaite de la décision, qui permettra, selon elle, de clarifier les normes relatives aux « dépenses raisonnables » pouvant être réclamées par les passagers. M. Tanous, quant à lui, n’a pas souhaité commenter l’issue de l’affaire, invoquant le manque de temps et de ressources financières pour se défendre.
