Publié le 6 décembre 2025 à 10h03. Une dentiste de Calgary a plaidé coupable de fraude envers plusieurs compagnies d’assurance, accumulant plus de 680 000 $ en fausses factures sur une décennie, et pourrait être condamnée à une peine de prison pouvant aller jusqu’à trois ans.
- Alena Smedic, dentiste à Calgary, a reconnu avoir fraudé cinq compagnies d’assurance entre 2013 et 2023.
- Elle a déjà remboursé l’intégralité des sommes frauduleuses, mais le procureur a requis une peine de prison de deux à trois ans.
- L’enquête a révélé des schémas de facturation inhabituels, notamment des réclamations répétées pour des traitements de canal et des frais d’obturation excessifs.
Alena Smedic, 55 ans, exploitante de la clinique « All About Family Dental », a admis avoir facturé des prestations dentaires fictives ou gonflées à des assureurs tels que Sun Life et Croix Bleue. L’ampleur de la fraude a été telle que sa clinique était autrefois celle qui facturait le plus de traitements de canal au Canada.
Selon les faits présentés au tribunal, Smedic a facturé un total de 684 000 $ en fausses factures sur une période de dix ans. Elle a plaidé coupable en juin dernier pour des fraudes à l’encontre de Sun Life et de Croix Bleue, mais trois autres assureurs ont depuis déposé des réclamations, portant le montant total de la fraude à 558 000 $.
Le procureur Greg Whiteside a souligné que Smedic avait déjà été reconnue coupable de fraude en 2007 et avait bénéficié d’une grâce en 2018. Il a donc plaidé pour une peine de prison de deux à trois ans, afin de tenir compte de ses antécédents.
« Même si Mme Smedic a remboursé les sommes frauduleuses, la gravité de ses actes et ses antécédents justifient une peine d’emprisonnement. »
Greg Whiteside, procureur
L’avocat de la défense, Alain Hepner, a quant à lui demandé une peine de deux ans de prison avec sursis, permettant à Smedic de purger sa peine à domicile. La décision finale concernant la sentence sera rendue en janvier prochain.
L’enquête a été déclenchée en 2021 lorsque Sun Life a détecté des anomalies dans les facturations de la clinique. Les enquêteurs ont découvert que Smedic déposait des réclamations répétées pour des traitements de canal et des frais d’obturation disproportionnés. À titre d’exemple, le 24 décembre 2020, elle a soumis des réclamations d’assurance totalisant 19 000 $ pour 17 patients.
Les enquêteurs ont également mis au jour un registre interne où Smedic consignait séparément les « détails réels du traitement médical » et les « fausses informations de facturation », confirmant ainsi la nature intentionnelle de la fraude.
Un rapport psychologique commandé par le tribunal a révélé que Smedic avait tendance à minimiser ses responsabilités. Ce n’est qu’au cours de son troisième entretien avec les enquêteurs qu’elle a commencé à reconnaître pleinement l’étendue de ses actes.
Smedic a exprimé ses regrets devant le tribunal, déclarant qu’elle était « embarrassée pour sa carrière et sa famille » et qu’elle ne souhaitait plus jamais comparaître devant les tribunaux dans une affaire criminelle.
Selon l’Association des chirurgiens dentistes de l’Alberta, Smedic n’exerce plus la médecine dentaire. Le juge Gord Wong rendra sa décision finale concernant la sentence en janvier de l’année prochaine.
