Publié le 18 janvier 2026 à 15h12. Les dépôts bancaires au Mexique affichent un ralentissement de leur croissance, signe d’une évolution dans les habitudes financières des ménages qui privilégient désormais l’utilisation du crédit et une gestion plus prudente de leurs ressources.
- À la fin novembre 2025, le solde des dépôts bancaires a augmenté de seulement 0,69 % en termes réels, son rythme de croissance le plus faible depuis avril 2023.
- Cette tendance s’explique par la baisse des taux d’intérêt de la Banque du Mexique (BdeM) et une confiance accrue des consommateurs dans leur capacité à gérer leurs finances.
- Les experts soulignent que cette évolution ne traduit pas une crise financière, mais plutôt une maturation du système et une utilisation plus stratégique du crédit.
Le ralentissement de la croissance des dépôts bancaires au Mexique, bien que modeste, attire l’attention des autorités et des acteurs du marché. Fin novembre 2025, le solde total des dépôts s’élevait à 9 405 208 millions de pesos (environ 524 milliards d’euros), un montant toujours historiquement élevé. Cependant, cette progression de 0,69 % en termes réels – tenant compte de l’inflation – est la plus faible enregistrée depuis avril 2023, où la croissance était de 0,61 % sur un an, selon la Commission Nationale des Banques et des Valeurs Mobilières (CNBV).
Ce phénomène intervient après une période de taux d’intérêt élevés, qui avait encouragé l’épargne. Lorsque la BdeM a commencé à abaisser ses taux directeurs, en les ramenant sous la barre des 8 %, la dynamique a changé. Les épargnants, moins incités à laisser leur argent dormir sur des comptes, ont commencé à le remettre en circulation dans l’économie formelle, à rechercher des alternatives d’investissement et à utiliser davantage le crédit.
Selon Jorge Sánchez Tello, consultant indépendant, il ne s’agit pas d’une dépense effrénée des économies, mais d’un changement de mentalité.
« En 2023, avec des taux relativement élevés, il y avait une incitation à épargner, car le crédit était cher. Aujourd’hui, même si les dépôts bancaires diminuent, le fait que le crédit augmente et que les impayés restent stables nous dit quelque chose de très puissant : les familles mexicaines font preuve de maturité financière. »
Jorge Sánchez Tello, consultant indépendant
Il explique que les familles utilisent désormais leur capacité d’emprunt pour réaliser des achats ou des projets, confiantes dans leur capacité à rembourser. Cette confiance se traduit par une stabilité des taux d’impayés, ce qui confirme que le crédit formel est perçu comme un outil de développement économique plutôt qu’un piège à dettes.
Álvaro Vertiz, autre spécialiste du secteur, confirme cette analyse. Il souligne que le ralentissement de la croissance des dépôts est un phénomène prévisible dans un contexte de taux d’intérêt bas.
« Le fait que le crédit à la consommation continue d’augmenter sans augmentation des impayés suggère que nous ne sommes pas confrontés à une détérioration financière des ménages, mais plutôt à une réallocation du revenu disponible : moins d’épargne financière et plus de consommation ou de paiement ordonné des dettes. »
Álvaro Vertiz, spécialiste du secteur
Les dépôts bancaires restent un pilier du système financier mexicain, constituant la principale source de financement des banques pour leurs opérations. Ils se présentent sous différentes formes – dépôts à vue, comptes d’épargne, dépôts à terme – et permettent de canaliser l’épargne des particuliers et des entreprises vers l’octroi de crédit, l’investissement et le fonctionnement quotidien de l’économie. Leur évolution est donc suivie de près par les autorités, car elle reflète la santé de l’épargne et la liquidité disponible dans le système.
Les experts recommandent toutefois de ne pas céder à un optimisme excessif. Il est conseillé de continuer à établir des budgets, à gérer ses dettes avec prudence et à éviter de s’endetter davantage pour des plaisirs éphémères.
