Publié le 13 janvier 2026 à 11h19. Des recherches récentes remettent en question l’idée que la simple volonté suffit pour perdre du poids, révélant que des facteurs biologiques peuvent déterminer l’efficacité des régimes et de l’exercice physique, et ce, même en suivant scrupuleusement les recommandations.
- Entre 5 % et 20 % des individus présentent une résistance à la perte de poids, malgré un régime alimentaire équilibré et une activité physique régulière.
- Des études sur des jumeaux et des essais cliniques rigoureux montrent que la génétique et l’adaptation métabolique jouent un rôle crucial dans la réponse au régime et à l’exercice.
- Les chercheurs identifient deux groupes de personnes qui ne bénéficient pas des interventions standard : les « non-répondeurs » qui ne perdent pas de poids et les « répondeurs indésirables » dont la santé se détériore.
L’échec à perdre du poids est traditionnellement attribué à un manque de discipline ou à un non-respect des consignes. Cependant, une revue scientifique récente, publiée dans la revue Nutriments, suggère que la biologie pourrait être un facteur déterminant, voire le plus important, dans la réussite d’une perte de poids.
L’étude, menée par des chercheurs de plusieurs institutions, a analysé les données d’interventions contrôlées, notamment des séjours en salles métaboliques et des programmes d’exercices supervisés, afin de comprendre pourquoi certains patients obèses ou souffrant de troubles métaboliques ne parviennent pas à maigrir, malgré leurs efforts. Les résultats indiquent qu’entre 5 % et 20 % des individus présentent ce que les chercheurs appellent un phénotype de « non-répondeur ». Ces personnes ne perdent pas de poids ou voient même leur état de santé se dégrader, alors qu’elles respectent scrupuleusement les recommandations diététiques et sportives.
Les chercheurs ont identifié un deuxième groupe, les « répondeurs indésirables », chez qui les marqueurs de santé se détériorent, même dans des conditions où une prise de poids serait normalement impossible. Ces observations remettent en question l’approche traditionnelle qui consiste à attribuer l’échec de la perte de poids à un manque de motivation ou à un non-respect du régime.
Plusieurs études ont été analysées pour étayer ces conclusions. Des études menées sur des jumeaux monozygotes (identiques) ont révélé des variations significatives dans la perte de poids, même lorsque les jumeaux suivaient le même régime et le même programme d’exercices. Ces différences étaient liées à des facteurs génétiques. L’étude HERITAGE, un essai de 20 semaines impliquant un programme d’exercices supervisé, a également montré que certains participants ne bénéficiaient pas des effets positifs de l’activité physique, tandis que d’autres voyaient leur état de santé se détériorer.
L’étude PREVIEW, menée auprès de plus de 2 000 participants, a révélé qu’environ 10,2 % des femmes et 7,9 % des hommes n’ont pas répondu à un régime hypocalorique strict. L’analyse des données de l’émission de télévision « The Biggest Loser » a mis en évidence un phénomène de « thermogenèse adaptative », c’est-à-dire un ralentissement du métabolisme qui dépasse ce qui est attendu d’une simple perte de poids. Les concurrents ont vu leur taux métabolique au repos diminuer de 610 kcal par jour après la compétition, et cette diminution n’a pas été compensée, même après une reprise de poids partielle.
Les chercheurs soulignent que les facteurs biologiques, tels que les réponses de l’appétit et de la satiété, jouent un rôle important dans la rétention de poids. Les personnes qui réussissent à perdre du poids présentent des ajustements favorables dans leurs réponses liées à la satiété, contrairement à celles qui ne parviennent pas à maigrir. Des facteurs environnementaux, tels que la libération de polluants organiques stockés dans la graisse corporelle lors de la perte de poids, peuvent également contribuer à une diminution de la dépense énergétique.
Cette revue scientifique met en évidence la nécessité d’adopter une approche plus personnalisée de la gestion du poids, en tenant compte des facteurs biologiques et génétiques de chaque individu. Les cliniciens doivent reconnaître que certains patients peuvent nécessiter des attentes ajustées et des stratégies d’intervention individualisées, plutôt que de se concentrer uniquement sur le poids corporel comme marqueur de succès. Il ne s’agit plus de blâmer un manque de volonté, mais de comprendre les mécanismes biologiques qui peuvent entraver la perte de poids.
Référence du journal :
- Tremblay, A., Jacob, R., Pérusse, L. et Drapeau, V. (2026). À propos des répondants infructueux aux interventions en matière de régime alimentaire et d’activité physique : accent sur l’équilibre énergétique et la perte de poids corporel. Nutriments18(2), 195. DOI: 10.3390/nu18020195. https://www.mdpi.com/2072-6643/18/2/195
