Publié le 2024-02-29 10:35:00. L’obscurité, bien plus qu’une simple absence de lumière, peut susciter un sentiment d’inconfort voire une véritable angoisse. Des experts expliquent pourquoi cette réaction est fréquente et comment la gérer, notamment à travers la thérapie comportementale.
- La peur du noir, ou achluophobie, est un trouble anxieux qui peut avoir des racines évolutives et être exacerbé par des expériences traumatisantes.
- Les troubles anxieux liés à l’obscurité se manifestent souvent par des réflexions catastrophistes et une préparation mentale à des événements qui ne se produisent jamais.
- Des techniques de relaxation, une exposition progressive à l’obscurité et, dans les cas les plus sévères, une thérapie comportementale peuvent aider à surmonter cette peur.
Un malaise diffus, une sensation d’être observé… l’obscurité a souvent le pouvoir de nous rendre agités. Ce sentiment n’est pas réservé aux enfants, et s’explique en partie par notre histoire évolutive, selon le Dr Andreas Hagemann, directeur médical des cliniques privées psychosomatiques de Duisburg, Eschweiler et Merbeck.
« En général, il est tout à fait naturel que nous ne nous sentions pas parfaitement bien dans notre peau dans l’obscurité – cela est dû, entre autres choses, à l’évolution », explique le Dr Hagemann. « Même à l’époque préhistorique, des animaux sauvages ou des dangers inconnus se cachaient dans l’obscurité. » Cette difficulté à interpréter les signaux visuels dans l’obscurité rend également plus difficile l’identification des menaces potentielles.
« Il est tout simplement plus difficile de reconnaître clairement des bruits ou des contours et de les classer comme inoffensifs. Les possibilités d’orientation sont limitées », précise le spécialiste. Une ombre sur un mur, le contour indistinct d’un objet peuvent rapidement être perçus comme une menace. Cette méconnaissance illusoire est une expérience partagée par beaucoup.
Lorsque cette sensation s’accompagne d’événements traumatisants, survenus notamment pendant l’enfance ou l’adolescence, elle peut évoluer vers une véritable phobie : l’achluophobie, ou peur du noir. Le Dr Hagemann constate ce phénomène dans sa pratique quotidienne.
Les troubles anxieux, en général, sont souvent alimentés par des anticipations négatives. « Les problèmes liés aux troubles anxieux sont généralement des réflexions sur ce qui pourrait arriver dans le futur si ceci ou cela se produisait », explique-t-il. « Dans notre imaginaire, toutes ces pensées deviennent soudainement des certitudes et la peur nous prépare à réagir de manière adéquate à quelque chose qui n’arrive jamais. » Plutôt que de se laisser submerger par la peur, il est donc conseillé d’essayer de la combattre progressivement.
Pour des symptômes légers, une petite veilleuse peut suffire à rassurer. Le Dr Hagemann suggère également de s’habituer à l’obscurité en se promenant le soir. « Regardez le ciel étoilé et vous remarquerez que la nuit peut aussi être belle », encourage-t-il.
Avant de se coucher, privilégiez la détente plutôt que la tension. Des exercices de relaxation musculaire progressive, l’écoute de musique douce ou la lecture de romans légers peuvent aider à préparer l’esprit au sommeil. Les applications de méditation, le yoga et les exercices de pleine conscience sont également des outils précieux pour calmer le corps et apaiser le système nerveux.
Cependant, la peur du noir devient problématique lorsqu’elle commence à impacter la vie quotidienne et se transforme en un trouble anxieux. Des troubles du sommeil, de l’agitation, des palpitations et de la nervosité peuvent alors apparaître. « À partir de ce moment, c’est un trouble anxieux qui nécessite un traitement », souligne le Dr Hagemann. La thérapie comportementale est alors considérée comme la solution la plus efficace.
