Publié le 9 décembre 2025 à 13h51. L’ancien chef de l’Office fédéral de protection de la Constitution et de la lutte contre le terrorisme (BVT), Egisto Ott, voit son acquittement partiel remis en question par la Cour suprême autrichienne dans une affaire de fuite d’informations. L’affaire des photos de “Lederhosen” est renvoyée devant un tribunal inférieur pour nouvel examen.
- La Cour suprême a annulé l’acquittement d’Egisto Ott concernant la transmission de photos compromettantes.
- L’acquittement concernant d’autres accusations, notamment celles liées au “Club de Berne” et au “Soko Tape”, a été confirmé.
- Les condamnations pour abus de pouvoir prononcées contre Hans-Jörg Jenewein et un ancien employé du ministère de l’Intérieur ont également été annulées.
La Cour suprême autrichienne (OGH) a partiellement annulé mardi l’acquittement prononcé en mars 2025 en faveur d’Egisto Ott, l’ancien inspecteur en chef du BVT, un organisme aujourd’hui dissous. La décision concerne spécifiquement la transmission de photographies, surnommées les photos de “Lederhosen”, qui avaient suscité une vive polémique.
Ott avait été accusé par le parquet de Vienne de trahison de secrets officiels et de violation des règles de protection des données. Le tribunal régional de Vienne l’avait entièrement acquitté, une décision contestée par le ministère public qui avait déposé un recours en nullité. La Cour suprême a donné raison au ministère public sur un point précis : l’acquittement initial n’était pas suffisamment justifié. Selon la Cour, le tribunal de première instance s’était limité à constater qu’il était impossible de déterminer si Ott avait transmis les photos en raison de ses fonctions, ce que la présidente du Sénat, Christa Hetlinger, a jugé insuffisant.
« Ce n’est pas suffisant. Il convient d’examiner plus en détail s’il y a eu violation du secret de fonction. Il est nécessaire d’analyser le lien entre les photos et la légende qui les accompagne. »
Christa Hetlinger, présidente d’un Sénat de cinq membres de la Cour suprême
Les photos en question montraient deux responsables du BVT en compagnie d’un collègue sud-coréen lors de l’achat de pantalons en cuir traditionnels, les “Lederhosen”. La légende accompagnant les photos identifiait les personnes et précisait leurs affectations au sein du BVT. L’affaire est donc renvoyée devant le tribunal régional pour une nouvelle audience, afin d’évaluer si une violation du secret de fonction a bien eu lieu.
En revanche, l’acquittement d’Ott concernant d’autres accusations a été confirmé. La Cour suprême a estimé que la transmission d’informations sur une réunion du soi-disant “Club de Berne”, un réseau informel de services de renseignement européens, ainsi que sur le “Soko Tape” (une enquête consécutive à la vidéo d’Ibiza), ne constituait pas une infraction pénale.
Parallèlement, la Cour suprême a également annulé les condamnations pour abus de pouvoir prononcées en première instance contre Hans-Jörg Jenewein, ancien membre libéral du Conseil national, et un ancien employé du ministre de l’Intérieur Herbert Kickl (FPÖ). Ces condamnations avaient été prononcées dans le cadre d’une procédure distincte, où Jenewein avait été accusé d’avoir demandé à l’employé de Kickl de lui fournir des rapports sur les participants à des réunions des services de renseignement européens, à la demande d’un journaliste.
« Il s’agissait de facto d’une activité auxiliaire de la commission d’enquête et non d’un acte de souveraineté. Ce dont elle était accusée n’était pas un acte. »
Christa Hetlinger, présidente d’un Sénat de cinq membres de la Cour suprême
La Cour suprême a estimé que l’employé de Kickl n’avait pas agi en tant que fonctionnaire, mais dans le cadre d’une activité annexe à la commission d’enquête parlementaire. Les verdicts de culpabilité ont donc été annulés, mais l’affaire est renvoyée devant le tribunal régional pour déterminer si d’autres infractions, notamment une violation du secret professionnel (article 310 du Code pénal), pourraient être retenues contre les accusés.
