Publié le 1er décembre 2025 à 19h03. Le prix du cuivre a atteint un nouveau sommet historique sur les marchés londoniens, alimenté par des inquiétudes croissantes concernant une possible pénurie mondiale et les incertitudes liées aux politiques commerciales américaines.
- Le cuivre a franchi la barre des 11 294,5 USD (environ 10 450 EUR) la tonne sur le London Metal Exchange.
- Des problèmes d’approvisionnement en Asie et au Chili, ainsi que la menace de nouveaux tarifs douaniers américains, contribuent à la flambée des prix.
- Les États-Unis ont déclaré le cuivre « minéral critique », ouvrant la voie à d’éventuels droits de douane à partir de 2027.
La tension monte sur le marché du cuivre. Le métal rouge, essentiel à la transition énergétique et technologique, a enregistré une nouvelle hausse spectaculaire, atteignant un record historique sur le London Metal Exchange (LME). Les acheteurs s’inquiètent d’un possible déséquilibre entre l’offre et la demande, exacerbé par des difficultés de production dans les grandes mines et des incertitudes politiques.
Selon Bloomberg, le cuivre a progressé de près de 0,9% pour atteindre 11 294,5 USD par tonne sur le LME, dépassant le précédent record établi vendredi. Du côté américain, les contrats à terme Comex ont enregistré une hausse de 1,6%. Cette envolée des prix intervient après des signaux d’alerte émis lors d’une conférence à Shanghai, qui ont révélé des signes de pénurie de la ressource.
Les perturbations dans les mines d’Asie et du Chili, notamment suite à la tragédie survenue à El Teniente, ont mis à rude épreuve les chaînes d’approvisionnement. À cela s’ajoute la crainte d’une nouvelle vague de tarifs douaniers, en particulier de la part des États-Unis, qui pourrait aggraver la situation.
Plusieurs investisseurs voient dans le cuivre un actif stratégique, à l’instar du lithium et des terres rares, en raison de son rôle crucial dans l’électrification de l’économie. Felipe Sepúlveda Soto, analyste en chef d’Admirals, explique dans son analyse matinale du dollar que cette progression s’explique par une offre plus restreinte – due à la baisse de la production au Chili et aux réductions programmées dans les fonderies chinoises – et par des primes élevées aux États-Unis, ce qui favorise les termes de l’échange pour le Chili et renforce sa monnaie.
Bloomberg signale même une véritable « ruée vers les États-Unis » pour constituer des stocks de cuivre, anticipant l’éventuelle imposition de tarifs douaniers qui creuserait davantage le déficit potentiel et exercerait une pression accrue sur les entreprises minières.
Fin juin, la Maison Blanche a annoncé que les exportations de cuivre raffiné – comme celles du Chili – vers les États-Unis seraient exonérées du tarif de 50% et des droits de douane réciproques, y compris les minerais, concentrés, mattes, cathodes, anodes et déchets de cuivre. Seuls les produits semi-finis en cuivre restent soumis à ces taxes.
Bien que cette mesure ait apporté un soulagement temporaire au gouvernement et à l’industrie minière chilienne, le communiqué officiel précise qu’un rapport sur le marché et les capacités de raffinage du cuivre sera remis à Donald Trump par le secrétaire au Commerce au plus tard le 30 juin 2026. Si les conclusions du rapport le justifient, un droit de douane sur le cuivre raffiné pourrait être imposé à partir du 1er janvier 2027, avec un taux initial de 15% qui passerait à 30% en janvier 2028. Dans l’intervalle, le cuivre a été désigné comme « minéral critique » par les États-Unis, rejoignant ainsi une liste de 15 éléments de terres rares.
