Publié le 18 janvier 2024 18:35:00. L’or a connu une journée contrastée jeudi, reculant après avoir atteint des sommets historiques la veille, tandis que l’argent maintenait une dynamique haussière. Ces fluctuations sont liées aux données économiques américaines et aux déclarations du président Trump, influençant les anticipations concernant la politique monétaire de la Réserve fédérale.
- L’or a baissé de 0,26 % à 2 328,18 $ (4 623,70 $ US) pour les contrats à terme de février.
- L’argent a continué sa progression, clôturant à 54,78 $ (92,347 $ US) l’once, un nouveau record.
- Les données sur les inscriptions au chômage aux États-Unis et les propos de Donald Trump sur l’Iran ont pesé sur la demande d’or comme valeur refuge.
Les prix de l’or ont subi une pression à la baisse jeudi, après une envolée la veille qui l’avait propulsé à un niveau record. Cette correction intervient après la publication de chiffres américains sur les inscriptions au chômage qui se sont avérés inférieurs aux attentes, renforçant le dollar et rendant l’or plus coûteux pour les investisseurs étrangers. Parallèlement, un ton plus mesuré du président américain Donald Trump à l’égard de l’Iran a atténué l’attrait de l’or comme actif refuge.
Les contrats à terme sur l’or pour livraison en février se sont établis en baisse de 0,26 % à 2 328,18 $ (4 623,70 $ US). L’argent, en revanche, a poursuivi sa trajectoire ascendante, clôturant à 54,78 $ (92,347 $ US) l’once, un nouveau record. Il avait même atteint un sommet historique à 55,94 $ (93,70 $ US) en cours de journée.
Selon Peter Grant, vice-président et stratège principal des métaux chez Zaner Metals,
« Les données récentes maintiennent en quelque sorte les attentes concernant une Fed en suspens peut-être pour le premier semestre de l’année, de sorte que l’indice du dollar est à un plus haut de plusieurs semaines et cela constitue un vent contraire pour l’or à ce stade. »
Peter Grant, vice-président et stratège principal des métaux chez Zaner Metals
La force du dollar, stimulée par les données sur le chômage, constitue donc un obstacle à la poursuite de la hausse de l’or.
Les déclarations de Donald Trump ont également influencé les marchés. Mercredi, il a indiqué qu’il n’avait pas l’intention de limoger Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale, malgré une enquête criminelle du ministère de la Justice. Cependant, il a précisé qu’il était “trop tôt” pour prendre une décision définitive. La Réserve fédérale devrait maintenir ses taux d’intérêt inchangés lors de sa réunion des 27 et 28 janvier, malgré les pressions exercées par Trump en faveur de baisses. Les marchés anticipent néanmoins au moins deux réductions de taux de 0,25 point de pourcentage plus tard dans l’année.
Sur le front géopolitique, Trump a également fait état d’une possible désescalade des tensions en Iran, affirmant avoir été informé d’une diminution des violences liées à la répression des manifestations et excluant pour l’instant une intervention militaire à grande échelle. Cet apaisement a légèrement pesé sur les prix de l’or, traditionnellement considéré comme une valeur refuge en période d’incertitude.
Peter Grant estime toutefois que ce repli est temporaire et que les investisseurs saisiront les baisses comme des opportunités d’achat. L’or reste un actif attractif en période d’incertitude économique et géopolitique, ainsi que dans un contexte de taux d’intérêt bas.
Par ailleurs, la banque centrale polonaise a annoncé son intention d’augmenter ses réserves d’or de 550 à 700 tonnes d’ici fin 2025, une décision qui témoigne de la confiance dans la valeur refuge de ce métal précieux.
