Publié le 11 novembre 2025. Le Mexique s’apprête à réduire progressivement sa semaine de travail à 40 heures d’ici 2030, une réforme qui s’inspire des modèles scandinaves et vise à améliorer le bien-être des travailleurs sans compromettre la productivité.
- Le Congrès mexicain examine actuellement une proposition de réduction de la journée de travail de 48 à 40 heures par semaine.
- Cette réforme se déroulera sur plusieurs années, avec une réduction de deux heures par an, sans diminution de salaire ni de droits.
- L’expérience danoise, où les travailleurs cumulent en moyenne 33 heures hebdomadaires, démontre qu’une réduction du temps de travail peut s’accompagner d’une efficacité accrue.
Le Mexique se prépare à une transformation de son monde du travail. Les discussions au Congrès avancent concernant la réduction de la journée de travail de 48 à 40 heures par semaine, un processus qui, selon le ministère du Travail, débutera en 2026 et se terminera en janvier 2030.
Selon le secrétaire au Travail, Marath Bolaños López, la réforme « cherche à revaloriser le temps personnel sans affecter les droits acquis ». La présidente Claudia Sheinbaum a également soutenu l’initiative, tout en soulignant la nécessité d’un « débat national inclusif et ordonné ».
Le projet de loi prévoit une réduction de deux heures par an, garantissant que les travailleurs ne subissent aucune perte de salaire ou d’avantages sociaux. Cette mesure s’inscrit dans le cadre du 60e engagement pris par le gouvernement fédéral et s’appuie sur des études internationales portant sur le bien-être et la productivité.
Pourquoi le Mexique souhaite-t-il réduire le temps de travail ?
Une étude de l’Université de Boston, publiée en juillet 2025 dans la revue Behavioral Science, a démontré que travailler moins d’heures améliore la santé et la productivité.
Principales conclusions de l’étude :
- Amélioration du sommeil et réduction de l’épuisement physique et mental.
- Meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
- Augmentation des performances sans réduction des revenus.
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L’analyse comprenait plus de 3 000 travailleurs de 141 entreprises dans six pays. Les résultats confirment l’argument mexicain selon lequel travailler moins peut être à la fois plus efficace et plus sain.
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Au sein de la Chambre des députés, plus d’une dizaine d’initiatives relatives à la réduction du temps de travail sont en cours d’examen. Malgré des divergences entre les partis, un consensus se dégage sur trois points : la réduction sera progressive, les travailleurs bénéficieront de deux jours de repos hebdomadaires et aucun salarié ne subira de diminution de salaire.
La députée Patricia Marché a estimé que la réforme avait « une forte probabilité d’être approuvée entre septembre et décembre 2025 ».
Le Danemark : un modèle de conciliation
Alors que le Mexique débat encore de cette réforme, le Danemark est déjà considéré comme l’un des pays où les journées de travail sont les plus courtes de la planète. Selon les données de l’OCDE, les travailleurs danois travaillent en moyenne 33 heures par semaine, ce qui leur permet de consacrer 66 % de leur temps au repos et aux loisirs.
Bien que la loi danoise ne fixe pas de nombre d’heures de travail standard obligatoire, la plupart des contrats de travail prévoient une semaine de 37 heures, du lundi au vendredi, aux horaires habituels de 8 ou 9 heures du matin à 16 ou 17 heures.
Les pauses déjeuner durent entre 30 minutes et une heure et ne sont généralement pas comptabilisées dans les heures travaillées.
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Cadre légal du travail au Danemark
Le cadre juridique danois en matière d’emploi se caractérise par sa flexibilité, mais aussi par des règles claires concernant les limites du temps de travail :
- Maximum légal : la moyenne hebdomadaire ne peut excéder 48 heures sur une période de quatre mois.
- Repos obligatoire : les employés doivent bénéficier d’au moins 11 heures de repos continu par jour et d’un jour de congé par semaine.
- Travail de nuit : ne peut excéder 8 heures en moyenne par période de 24 heures.
- Congés : les travailleurs ont droit à 25 jours de congés annuels, plus une semaine supplémentaire payée dans de nombreux cas.
- Jours fériés : il y a 11 jours fériés.
De plus, 43 % de la population active danoise travaille à temps partiel, ce qui reflète une culture axée sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
Semaine de quatre jours : expérimentations au Danemark
Bien que le Danemark n’ait pas officiellement adopté la semaine de travail de quatre jours, certaines municipalités et entreprises ont mené des expérimentations. La municipalité d’Odsherred, par exemple, a mis en place depuis 2019 une semaine de 35 heures répartie sur quatre jours, permettant aux salariés de profiter du vendredi comme jour de repos.
Ce modèle est évalué positivement pour son impact sur la concentration et le bien-être, mais n’a pas encore été étendu à l’ensemble du pays.
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La comparaison entre le Mexique et le Danemark met en évidence deux réalités distinctes : le Mexique s’engage dans une réforme juridique progressive visant à atteindre 40 heures par semaine d’ici 2030, tandis que le Danemark maintient une moyenne de 33 heures, grâce à des modalités de travail flexibles, une économie stable et une forte culture du bien-être.
Au Danemark, la réduction du temps de travail est le fruit de décennies de négociations collectives et d’une protection sociale solide. Au Mexique, la réforme vise à corriger un déséquilibre historique et à améliorer la qualité de vie des travailleurs.
L’expérience danoise démontre que réduire les heures de travail ne signifie pas nécessairement perdre en productivité, mais plutôt réorganiser le temps de manière plus efficace. Le Mexique s’oriente dans cette direction, et si la réforme est mise en œuvre, des millions de personnes pourraient bénéficier de plus de temps personnel à partir de 2026, sans que leur salaire ou leurs droits du travail ne soient affectés.

