Publié le 13 octobre 2025 19:26:00. Une nouvelle étude révèle que l’activité physique a un impact plus significatif sur les performances cognitives des femmes que les fluctuations liées à leur cycle menstruel, avec des implications potentielles pour les athlètes de haut niveau.
- Les performances cognitives, notamment la vitesse de réaction et la précision, sont améliorées pendant l’ovulation.
- L’activité physique régulière a un effet plus prononcé sur ces performances que la seule phase du cycle menstruel.
- Les femmes actives ont affiché des temps de réaction en moyenne de 70 millisecondes plus rapides que les femmes inactives.
- Les athlètes de haut niveau bénéficient d’une amélioration encore plus marquée des temps de réaction pendant l’ovulation.
Des recherches récentes mettent en lumière l’influence combinée du cycle menstruel et de l’activité physique sur les capacités cognitives des femmes. L’étude, publiée dans Medicine & Science in Sports & Exercise, démontre que si l’ovulation est associée à une amélioration des performances cognitives, l’exercice physique régulier exerce un impact encore plus important.
Les participantes à l’étude, âgées de 18 à 40 ans, ont été soumises à une série de tests cognitifs à différents moments de leur cycle menstruel. Les résultats ont révélé que les temps de réaction étaient les plus rapides et le nombre d’erreurs les plus faibles au moment de l’ovulation. Cependant, la différence de performance entre les femmes actives et inactives était beaucoup plus marquée, les participantes inactives étant en moyenne 70 millisecondes plus lentes.
« Au niveau de l’élite sportive, cette différence de quelques millisecondes peut faire la différence entre éviter ou subir une blessure grave lors d’un contact physique », explique Flaminia Ronca, chercheuse à l’University College de Londres. Flaminia Ronca, chercheuse à l’University College de Londres
Définition des niveaux d’activité
L’étude a défini les niveaux d’activité physique en trois catégories : actives (pratiquant une activité physique au moins deux fois par semaine ou participant à des compétitions sportives au niveau amateur), inactives (ne pratiquant pas d’activité physique régulière) et d’élite (compétissant au niveau national ou international). Les participantes devaient avoir un cycle menstruel régulier de 21 à 35 jours et ne pas utiliser de contraceptifs hormonaux.
Les tests cognitifs comprenaient une tâche de temps de réaction simple, une tâche d’attention soutenue, une tâche d’inhibition et une tâche d’anticipation spatiale. Les participantes ont effectué ces tests à différents moments de leur cycle, en utilisant des kits d’ovulation urinaire pour déterminer précisément leurs phases menstruelles.
Évaluation des temps de réaction
Les résultats ont montré que les temps de réaction étaient plus rapides pendant l’ovulation, en particulier dans les tâches d’attention et d’inhibition. En revanche, des temps de réaction plus lents et un plus grand nombre d’erreurs ont été observés pendant la phase lutéale et la phase folliculaire tardive. Les participantes inactives ont systématiquement affiché des temps de réaction plus lents et un plus grand nombre d’erreurs que les participantes actives.
Plus précisément, les temps de réaction moyens observés étaient les suivants :
- 482 ± 81 ms pour la tâche d’attention soutenue pendant l’ovulation
- 390 ± 69 ms pour la tâche d’inhibition pendant l’ovulation
- 531 ± 138 ms pour la tâche d’attention soutenue pendant la phase lutéale
- 430 ± 127 ms pour la tâche d’inhibition pendant la phase lutéale
L’analyse statistique a confirmé un effet significatif de la phase du cycle menstruel sur les temps de réaction (F(3, 150) = 4,53). De plus, un effet principal de l’activité physique a été observé (F(3, 50) = 3,80), avec une amélioration plus importante des temps de réaction chez les participantes actives.
« Il n’est pas nécessaire de réaliser des exercices intenses pour bénéficier de ces effets positifs. Nos études précédentes ont montré que 15 minutes d’activité modérée, comme une marche rapide ou une promenade à vélo, peuvent suffire à améliorer l’humeur et les performances cognitives », souligne Ronca. Flaminia Ronca, chercheuse à l’University College de Londres
Prise en charge hormonale des symptômes menstruels
Parallèlement à ces recherches sur l’impact du cycle menstruel et de l’activité physique sur les performances cognitives, des avancées sont également observées dans le domaine du traitement des symptômes menstruels. Une étude de phase 3, publiée en avril 2025, a mis en évidence l’efficacité d’une pilule contenant de l’estétrol pour atténuer les symptômes tels que la douleur, la fatigue et l’irritabilité. Rapport sur l’efficacité de la pilule d’estétrol
Les patientes participant à l’étude ont rapporté une réduction significative de l’intensité des symptômes, notamment des crampes, des maux de tête, des douleurs dorsales, de la fatigue, des ballonnements, une sensibilité mammaire, de l’anxiété et de l’irritabilité, avec une diminution d’au moins 40 % de leur gravité.
« Même chez les femmes qui n’utilisaient pas de contraception hormonale auparavant, le produit a démontré une capacité significative à améliorer leur bien-être », déclare Mitchell Creinin, professeur à l’Université de Californie Davis Health. Mitchell Creinin, professeur à l’Université de Californie Davis Health
Références
- Le cycle menstruel affecte le temps de réaction des femmes, mais pas autant que le fait d’être active. University College London. 9 octobre 2025. Consulté le 13 octobre 2025. Communiqué de presse de l’University College London.
- Ronca F, Watson E, Metcalf I, Tari B. Le cycle menstruel et le statut sportif interagissent pour influencer les symptômes, l’humeur et la cognition chez les femmes. Medicine & Science in Sports & Exercise. 2025 ; 11 (104). Deux : DOI de l’article scientifique
- Krewson C. Mitchell Creinin, MD, rapporte que la pilule d’estetrol soulage les symptômes menstruels. 15 avril 2025. Consulté le 13 octobre 2025. Article sur la pilule d’estétrol.
