Home SantéInfluence lunaire sur les cycles menstruels: nouvelles idées d’étude

Influence lunaire sur les cycles menstruels: nouvelles idées d’étude

by Sophie Martin

Publié le 30 septembre 2025 à 07h47. Une étude récente révèle que, bien que l’influence de la lumière artificielle ait diminué la synchronisation des cycles menstruels avec les phases lunaires, une connexion subsiste, particulièrement lors d’alignements gravitationnels saisonniers puissants.

  • Les cycles menstruels féminins, d’une durée proche de celle d’un cycle lunaire, montrent une tendance à s’aligner sur les phases de la lune, notamment lors des solstices.
  • L’étude, basée sur l’analyse de données menstruelles sur 24 ans, suggère que la lumière artificielle nocturne perturbe cette synchronisation, mais que les forces gravitationnelles lunaires continuent d’exercer une influence.
  • Des recherches complémentaires basées sur les tendances de recherche en ligne confirment une corrélation entre les périodes de forte attraction gravitationnelle et les recherches liées aux douleurs menstruelles.

Depuis des siècles, l’idée que les cycles menstruels des femmes sont liés à la lune est ancrée dans la culture populaire. Des observations empiriques ont suggéré que les menstruations tendent à débuter autour de la pleine lune, ce qui a alimenté des spéculations sur une influence lunaire directe. Cependant, les études scientifiques sur le sujet ont donné des résultats contradictoires, en particulier avec l’augmentation de la pollution lumineuse et l’évolution des modes de vie modernes.

L’étude, publiée dans la revue Science Advances (https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.adw4096), a analysé 176 ensembles de données menstruelles, couvrant une période allant de 2 à 37 ans pour chaque participante. La majorité des données provenaient d’Italie et d’Allemagne, avec quelques enregistrements d’Israël et d’Amérique du Nord. Les données plus anciennes étaient consignées sur papier, tandis que les données récentes étaient collectées via des applications mobiles.

Les chercheurs ont examiné la relation entre le début des menstruations et les différentes phases lunaires, notamment les nouvelles lunes et les pleines lunes, ainsi que les cycles gravitationnels lunaires, tels que le mois synodique (environ 29,5 jours), le mois anomaliste (environ 27,6 jours) et le mois tropical (environ 27,3 jours). Ils ont également pris en compte l’influence des solstices d’hiver et d’été, où les forces gravitationnelles combinées du soleil et de la lune sont les plus fortes.

Les résultats ont révélé que les femmes dont les cycles menstruels duraient entre 26 et 36 jours étaient plus susceptibles de présenter une synchronisation intermittente avec le cycle synodique, même après l’âge de 35 ans. Les cycles plus courts (moins de 27 jours) ou plus longs (plus de 33 jours) ne montraient qu’une “coordination relative”, une forme de synchronisation plus faible et occasionnelle. L’étude a défini les plages d’entraînement comme étant d’environ 26 à 36 jours pour le mois synodique, 24 à 31 jours pour le mois anomaliste et 23 à 30 jours pour le mois tropical.

L’analyse a également montré que, dans les données combinées (anciennes et nouvelles), le début des menstruations avait tendance à s’aligner sur les pleines lunes ou les nouvelles lunes pendant les solstices d’hiver, ainsi qu’à deux arrêts lunaires spécifiques. Cet effet était plus prononcé avant 2010. Après cette date, avec l’augmentation de la lumière artificielle nocturne, la synchronisation synodique n’était plus aussi apparente. Cependant, la synchronisation avec les cycles anomalistes et tropicaux a persisté, et dans certains cas, s’est même légèrement renforcée.

En Italie, un motif bimodal a été observé, avec des pics de début de menstruations deux jours avant la pleine lune et la nouvelle lune. En Allemagne, un seul pic a été constaté 1,5 jours avant la pleine lune. Les auteurs suggèrent que la pollution lumineuse plus élevée dans le nord de l’Italie pourrait être un facteur explicatif, mais soulignent que cette hypothèse nécessite des mesures directes de l’exposition à la lumière pour être confirmée.

Des données complémentaires issues des tendances de recherche Google ont corroboré ces résultats. Les recherches liées aux “douleurs menstruelles” et aux termes associés ont atteint un pic au périhélion (le point de l’orbite terrestre le plus proche du soleil) dans plusieurs pays. Cependant, ce schéma n’a pas été observé dans tous les pays, notamment en Italie, en France et en Nouvelle-Zélande. Il est important de noter que l’effet s’est produit dans l’hémisphère sud pendant l’été, malgré les longues heures de clarté, ce qui remet en question l’idée que la lumière lunaire est le principal facteur de synchronisation.

Les auteurs concluent que les humains sont sensibles à la fois à la luminescence lunaire et aux cycles gravitationnels, les cycles menstruels s’alignant avec le mois synodique. Ils suggèrent que la lumière et la gravité agissent comme des “zeitgebers” (facteurs de synchronisation) pour les femmes, la gravité influençant potentiellement indirectement les cycles par le biais d’effets géophysiques plus larges. Ils estiment également que, dans le passé, les cycles menstruels étaient probablement plus étroitement synchronisés avec la lune, mais que cette connexion s’est affaiblie avec l’augmentation de l’exposition à la lumière artificielle nocturne.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.