Publié le 3 janvier 2026 à 06h14. Dès la semaine prochaine, les fabricants de médicaments génériques canadiens seront autorisés à produire des versions moins coûteuses de l’Ozempic, un médicament populaire pour le diabète et la perte de poids, mais les experts préviennent qu’il faudra probablement plusieurs mois avant que ces alternatives ne soient disponibles en pharmacie.
- Santé Canada a reçu neuf demandes d’approbation pour la fabrication de sémaglutide, la substance active de l’Ozempic et du Wegovy.
- Plusieurs entreprises pharmaceutiques, dont Sandoz Canada, Apotex, Teva Canada, Taro Pharmaceuticals et Aspen Pharmacare Canada, ont soumis des demandes.
- Les experts estiment que les versions génériques pourraient réduire le coût du médicament de près de 35 %, mais leur disponibilité n’est pas attendue avant le printemps ou l’été.
Les Canadiens pourraient bientôt avoir accès à des alternatives moins chères à l’Ozempic et au Wegovy, deux médicaments de marque utilisés pour traiter le diabète de type 2 et favoriser la perte de poids. Santé Canada a donné son feu vert aux sociétés pharmaceutiques canadiennes pour fabriquer des versions génériques de ces médicaments, à compter de la semaine prochaine. Cependant, les experts mettent en garde contre des attentes immédiates, soulignant que le processus d’approbation et de mise sur le marché prendra du temps.
Au 29 décembre, Santé Canada avait reçu neuf demandes d’approbation pour la fabrication de sémaglutide, l’ingrédient actif de l’Ozempic et du Wegovy, produits par Novo Nordisk. Selon un courriel adressé à La Presse canadienne, le porte-parole Mark Johnson a déclaré : « Santé Canada comprend qu’il existe un intérêt considérable à réduire les coûts associés à ce médicament très prescrit en introduisant des versions génériques. »
Sandoz Canada et Teva Canada ont indiqué qu’elles ne pouvaient fournir d’informations précises sur les délais de commercialisation de leurs produits. Les autres entreprises ayant déposé une demande n’ont pas répondu aux sollicitations de la Presse canadienne.
Selon Mina Tadrous, experte en politique pharmaceutique à l’Université de Toronto, il est peu probable qu’un médicament générique à base de sémaglutide soit approuvé avant la fin du printemps ou le début de l’été. Elle précise que, selon les modèles de tarification des génériques au Canada, le prix pourrait être réduit jusqu’à 35 % du prix de l’Ozempic de marque, qui peut atteindre plusieurs centaines de dollars par mois. Elle ajoute qu’il y aura probablement plusieurs médicaments génériques en concurrence, ce qui pourrait encore faire baisser les prix.
Le « délai cible » pour l’examen scientifique des présentations de médicaments génériques par Santé Canada est de 180 jours, a précisé M. Johnson. Ce délai ne tient pas compte du temps supplémentaire qui pourrait être nécessaire si Santé Canada a besoin d’informations complémentaires des sociétés pharmaceutiques.
L’évaluation des médicaments génériques à base de sémaglutide est plus complexe que celle de nombreux autres médicaments, car le sémaglutide a été initialement développé à l’aide de processus biologiques, tandis que les versions génériques peuvent être fabriquées par des méthodes chimiques plus simples. Selon M. Johnson : « Les produits génériques à base de sémaglutide sont des produits synthétiques complexes qui sont pharmaceutiquement équivalents au médicament de marque, mais avec des différences possibles qui pourraient avoir un impact sur la sécurité et l’efficacité. Le fabricant doit démontrer que ces différences n’affectent pas la sécurité, l’efficacité ou la qualité du médicament par rapport au médicament de marque. »
Le Dr Ehud Ur, endocrinologue à Vancouver, estime que la possibilité de prescrire du sémaglutide générique serait « très excitante », soulignant que ce médicament pourrait être efficace pour de nombreux de ses patients, mais qu’ils ne peuvent pas se le permettre actuellement.
« Le prix pourrait baisser considérablement et devenir tout à fait abordable pour les personnes atteintes de diabète de type 2 et d’obésité. »
Dr Ehud Ur, endocrinologue à Vancouver
Il ajoute que le principal obstacle à l’utilisation de l’Ozempic n’est pas lié aux effets secondaires ou à son efficacité, mais plutôt à son coût.
Le Canada est le seul pays où Novo Nordisk a laissé expirer le brevet de ses médicaments à base de sémaglutide, ce qui a permis la fin de « l’exclusivité réglementaire » le 4 janvier. Dans une entrevue accordée à La Presse canadienne fin décembre, le président de Novo Nordisk Canada, Vince Lamanna, a refusé de commenter l’expiration du brevet, invoquant la confidentialité de la propriété intellectuelle. Il a toutefois affirmé que l’entreprise s’engage à continuer de soutenir les patients et à rendre le médicament disponible.
Eli Lilly, le principal concurrent de Novo Nordisk, détient toujours son brevet au Canada pour ses médicaments Mounjaro et Zepbound, qui contiennent du tirzépatide, un autre agoniste des récepteurs GLP-1 et GIP. La société a déclaré : « Lilly reste confiante dans les bienfaits différenciés du tirzépatide, le premier et le seul agoniste double des récepteurs GIP/GLP-1 approuvé pour traiter les adultes obèses et les adultes atteints de diabète de type 2. »

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