Publié le 22 décembre 2025 à 06h13. L’essor des médicaments antidiabétiques et amaigrissants soulève des questions sur leur utilisation, leurs effets secondaires et leur impact à long terme. Une utilisatrice témoigne de son expérience avec Wegovy, révélant une dépendance potentielle et des difficultés à l’arrêt du traitement.
- L’arrêt de médicaments amaigrissants peut provoquer une reprise rapide de l’appétit et une sensation de privation intense.
- Des effets secondaires tels que troubles du sommeil, nausées, maux de tête et perte de cheveux peuvent survenir pendant le traitement.
- Les experts soulignent la nécessité d’un suivi médical et d’un soutien psychologique pour accompagner l’arrêt de ces médicaments.
De plus en plus d’adultes à travers le monde recourent à des médicaments initialement conçus pour traiter le diabète, mais utilisés hors indication pour perdre du poids. Si ces traitements peuvent offrir des résultats rapides, ils ne sont pas sans risques et posent des questions sur la dépendance et la reprise de poids à l’arrêt.
Tanya Hall, directrice commerciale d’une entreprise de fitness, a partagé son expérience avec le BBC. Elle avait commencé à prendre Wegovy, motivée par un sentiment d’imposture lié à son poids et par la crainte de ne pas être prise au sérieux dans son secteur d’activité. Après avoir constaté une amélioration de son image et un accueil plus favorable de la part de ses pairs, elle a tenté à plusieurs reprises d’arrêter le traitement.
« C’est comme si un interrupteur s’activait et vous mouriez instantanément de faim. »
Tanya Hall
Elle décrit une sensation de faim incontrôlable dès l’arrêt du médicament, accompagnée d’une justification intérieure pour se permettre de manger sans restriction :
« C’était comme si quelque chose s’était ouvert dans mon esprit et m’a dit : ‘Mange de tout, vas-y, tu le mérites parce que tu n’as rien mangé depuis si longtemps’. »
Tanya Hall
Bien que Wegovy lui ait permis de perdre environ 15,9 kg (3 pierres et demie), Tanya a également subi des effets secondaires désagréables, notamment des troubles du sommeil, des nausées, des maux de tête et une perte de cheveux. Elle reconnaît une forme de « dépendance » à ce médicament qui lui procure un sentiment de contrôle et de bien-être.
Le Dr Hussain Al-Zubaidi, médecin généraliste basé au Royaume-Uni, explique au BBC que l’arrêt de ces médicaments peut être vécu comme un véritable choc. Il met en garde contre une reprise rapide du poids et la nécessité d’une stratégie d’accompagnement.
Selon le Dr Zubaidi, entre 60 et 80 % du poids perdu peut être repris dans les un à trois ans suivant l’arrêt du traitement. Il souligne l’importance d’un environnement favorable à la santé et d’un soutien continu pour aider les patients à maintenir leur perte de poids et à adopter un mode de vie sain.
L’Institut national pour l’excellence en matière de santé et de soins (NICE) au Royaume-Uni recommande un suivi d’au moins un an après l’arrêt du traitement, incluant des conseils personnalisés et des plans d’action.
En Inde, plusieurs médicaments amaigrissants sont désormais disponibles, dont Ozempic de Novo Nordisk et Wegovy. Le médicament Mounjaro d’Eli Lilly a également été approuvé pour une mise sur le marché prévue en juin 2025, selon Reuters. En savoir plus sur les médicaments approuvés en Inde.
Pour ceux qui financent eux-mêmes ces traitements, comme Tanya Hall, l’accès à un accompagnement personnalisé peut être limité. L’expérience de Tanya Hall souligne la complexité de la perte de poids médicamenteuse et la nécessité d’une approche globale, intégrant un suivi médical, un soutien psychologique et des changements durables dans le mode de vie.
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