Publié le 2024-02-29 14:35:00. La Clinique Universidad de Navarra lance une approche innovante et multidisciplinaire pour lutter contre la perte auditive, un problème de santé publique souvent sous-estimé et pris en charge trop tardivement.
- La perte auditive est un problème sous-diagnostiqué, souvent traité tardivement, ce qui réduit l’efficacité des traitements.
- La clinique propose une consultation pionnière axée sur la prévention et le traitement précoce, basée sur six années de recherche.
- D’ici 2050, près de 2,5 milliards de personnes dans le monde pourraient être touchées par une perte auditive, selon l’Organisation Mondiale de la Santé.
Trop souvent négligée ou attribuée au simple vieillissement, la perte auditive est pourtant un enjeu de santé majeur aux conséquences bien au-delà des difficultés d’écoute. Manuel Manrique, directeur du Département d’oto-rhino-laryngologie de la Clínica Universidad de Navarra, souligne que de nombreux patients consultent uniquement lorsque la détérioration est significative, rendant la récupération plus complexe.
Pour inverser cette tendance, la clinique a mis en place une consultation spécialisée unique en son genre, combinant différentes expertises médicales. Cette initiative s’appuie sur les résultats d’une étude menée pendant six ans, démontrant qu’une intervention précoce, dès les premiers signes de baisse auditive, améliore considérablement les chances de succès thérapeutique et fonctionnel.
« Le principal obstacle réside dans la tendance des patients à normaliser les difficultés auditives ou à les considérer comme une conséquence inévitable de l’âge, retardant ainsi leur visite chez un oto-rhino-laryngologiste », explique Manrique. « Lorsque les patients se présentent enfin, les traitements sont moins efficaces qu’ils ne l’auraient été dans les phases initiales. Ce retard a un impact non seulement sur l’audition, mais aussi sur d’autres aspects de la santé. »
Impact cognitif et social
Les spécialistes insistent sur le fait que la perte auditive ne se limite pas à un simple trouble sensoriel. Ne pas entendre correctement est associé à un risque accru de déclin cognitif, de troubles de la mémoire, d’isolement social, de perte d’autonomie et même d’une augmentation des chutes, en particulier chez les personnes âgées. C’est pourquoi le nouveau modèle de soins proposé par la clinique adopte une approche holistique, prenant en compte l’état neurologique, fonctionnel et social du patient.
La consultation est structurée autour de trois axes principaux. Dans un premier temps, un médecin et un audiologiste travaillent ensemble pour identifier les facteurs de risque chez les personnes de plus de 55 ans. Dans ces cas, une surveillance active est recommandée afin de prévenir l’apparition de surdités et de troubles de l’équilibre. Ensuite, lorsque la perte auditive est avérée, une intervention précoce est mise en place, visant à stimuler le système auditif et à freiner la progression du problème. Si des signes de troubles cognitifs sont détectés, le patient est également pris en charge par des neurologues, renforçant ainsi le caractère multidisciplinaire de la prise en charge.
Enfin, un troisième volet est dédié aux personnes portant déjà des appareils auditifs ou des implants cochléaires. L’objectif est alors d’optimiser les résultats du traitement grâce à des programmes de rééducation auditive et vestibulaire, en adaptant les solutions techniques aux besoins spécifiques de chaque patient et en favorisant son autonomie.
Technologie et surveillance à distance
L’innovation ne s’arrête pas là. La clinique a également intégré un outil numérique permettant d’assurer le suivi des patients à mobilité réduite ou rencontrant des difficultés à se déplacer. Cette plateforme en ligne offre un accompagnement éducatif et médical, tant au patient qu’à son entourage, afin de mieux comprendre la perte auditive et de gérer ses conséquences au quotidien.
L’équipe médicale souligne l’importance d’impliquer la famille dans le processus de soins. « La perte auditive affecte non seulement la personne concernée, mais aussi son entourage, et une approche collaborative améliore les résultats », précisent-ils.
Ce lancement intervient alors que les problèmes d’audition sont en augmentation à l’échelle mondiale. Selon les prévisions de l’Organisation Mondiale de la Santé, près de 2,5 milliards de personnes dans le monde seront touchées par une perte auditive d’ici 2050, et plus de 700 millions auront besoin d’une réhabilitation. Plus d’une personne sur quatre de plus de 60 ans souffre déjà d’une surdité invalidante.
Face à ce défi de santé publique, les spécialistes insistent sur la nécessité d’agir. « Vieillir en bonne santé implique de préserver un bon état de santé qui permette de rester actif et autonome », rappelle Manrique. « Il ne faut pas considérer la perte auditive comme une fatalité et consulter un spécialiste dès l’apparition des premiers symptômes. »
