La ménopause et la périménopause impactent la trajectoire professionnelle des femmes dès 45 ans, entraînant des troubles cognitifs et physiques souvent ignorés en entreprise. Alors que des associations comme Dis Dame Donc sensibilisent les employeurs, le traitement hormonal connaît un rebond en France, concernant près de 500 000 femmes en 2025 selon EPI-PHARE.
L’impact invisible de la ménopause sur la performance au travail
Le passage à la ménopause ne se limite pas à des bouffées de chaleur. Pour 100 % des femmes, cette chute hormonale irréversible entre 45 et 55 ans affecte directement le fonctionnement cognitif, le sommeil et la mémoire. Dans le milieu professionnel, ces symptômes se traduisent par une perte de productivité concrète et une érosion de la confiance en soi.
Selon France 3 Régions, les femmes constatent des ralentissements notables dans l’exécution de tâches autrefois simples.
“Elles constatent qu’avant, elles faisaient un compte rendu en une heure et que maintenant il leur en faut deux, elles ne savent pas comment le dire à leur boss, comment l’expliquer”
Clémentine Tastet, intervenante de l’association Dis Dame Donc
L’association Dis Dame Donc identifie plusieurs obstacles majeurs au quotidien :
- Des troubles de la mémoire et du raisonnement.
- Des difficultés de concentration persistantes.
- Une fatigue accrue et une baisse d’énergie.
- Un sentiment d’injustice face à l’invisibilisation de ces symptômes.
Cette situation crée un cercle vicieux où la femme, se sentant “un peu moins dynamique”, craint le jugement de ses pairs et s’isole, augmentant ainsi le risque d’un sexisme délétère en entreprise.
Le retour en grâce des traitements hormonaux en France

Après une décennie de déclin, l’usage des hormones de la ménopause repart à la hausse. Le groupement EPI-PHARE, adossé à l’Assurance maladie et à l’Agence du médicament, rapporte que près de 496 245 femmes étaient traitées en 2025.
Ce rebond s’explique par un changement de paradigme médical. Au début des années 2000, des essais américains avaient lié ces hormones à des risques accrus de cancers du sein et d’accidents cardiovasculaires, provoquant un abandon massif des prescriptions. Cependant, en 2025, la Haute Autorité de santé a confirmé l’intérêt de ces traitements pour les troubles modérés à sévères et la prévention de l’ostéoporose.
| Période | Proportion d’utilisatrices (45-60 ans) | Nombre de femmes traitées (2025) |
|---|---|---|
| 2012 | 6,6 % | – |
| 2022 | 3,6 % | – |
| 2025 | 4,4 % | 496 245 |
L’initiation aux traitements suit la même tendance : environ 108 000 femmes commencent un traitement chaque année, revenant aux niveaux observés en 2012.
L’évolution des modes de prescription et le profil des patientes
La médecine a évolué vers des méthodes d’administration moins risquées. En 2024, 87 % des prescriptions passaient par la voie cutanée (gels ou patchs), limitant ainsi les risques de caillots sanguins comparé aux comprimés.
On observe également une mutation des composants prescrits :
- La progestérone naturelle micronisée a gagné du terrain.
- Les progestatifs de synthèse reculaient.
- Les œstrogènes seuls ne représentent plus que 19,8 % des cas en 2024.
L’accès à ces soins reste toutefois inégal. Les données d’EPI-PHARE montrent que le rebond est plus marqué dans le Nord, l’Île-de-France et le Sud que dans l’Ouest ou les départements d’outre-mer. De plus, les femmes débutant un traitement sont généralement plus favorisées socialement et consultent davantage pour des dépistages.
Distinguer périménopause et ménopause : un enjeu de clarté

La confusion entre les différentes phases hormonales contribue au flou entourant le sujet. Selon des experts cités par Madame Figaro, la distinction est cruciale pour un diagnostic et une prise en charge appropriés.
La préménopause précède la ménopause sur une période de deux à cinq ans, marquée par des fluctuations hormonales et une production de progestérone erratique. La ménopause proprement dite est définie par l’arrêt total des règles pendant douze mois consécutifs, conséquence de la diminution de la production d’hormones par les ovaires.
Vers une reconnaissance institutionnelle du phénomène
Le tabou commence à se briser dans certaines entreprises. Chez Valorem, société d’énergies renouvelables, des ateliers de sensibilisation permettent aux salariés, hommes compris, de réaliser l’ampleur des symptômes.
“On a tous été surpris par la quantité de symptômes associés à la ménopause et à la périménopause”
Steeve, employé chez Valorem
L’objectif est de transformer la culture d’entreprise pour que la ménopause ne soit plus un frein à la carrière. L’enjeu est de taille : cette phase peut représenter un tiers de la vie professionnelle d’une femme. Pour les accompagnateurs de Dis Dame Donc, la mission est d’aider les entreprises à prendre en compte ces spécificités pour éviter que les femmes ne perdent confiance en leurs propres compétences.
Des travaux complémentaires sont actuellement en cours pour évaluer les bénéfices et les risques des traitements hormonaux à long terme, avec des résultats attendus avant la fin de l’année 2026.
Note : Cet article est fourni à titre informatif. Veuillez consulter un professionnel de santé pour tout avis médical ou traitement.
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