Publié le 15 janvier 2026 à 20h34. La justice allemande soupçonne l’Ukraine d’avoir commandé le sabotage des gazoducs Nord Stream, des infrastructures vitales pour l’approvisionnement énergétique de l’Europe, en septembre 2022.
- La Cour fédérale de justice (BGH) a confirmé la détention provisoire d’un suspect ukrainien, Serhiy K., lié aux explosions.
- Selon la BGH, les explosions ont « très probablement » été orchestrées pour le compte d’un État étranger, l’Ukraine étant fortement suspectée.
- Le tribunal a rejeté l’argument de l’immunité fonctionnelle invoquée par la défense, estimant que les gazoducs Nord Stream n’étaient pas une cible militaire légitime.
La Cour fédérale de justice allemande (BGH) a rendu sa décision concernant la détention provisoire de Serhiy K., un citoyen ukrainien arrêté en Italie et transféré en Allemagne. L’homme, ancien membre d’une unité spéciale de l’armée ukrainienne, est soupçonné d’avoir participé à la destruction des gazoducs Nord Stream 1 et 2, des pipelines sous-marins reliant la Russie à l’Allemagne.
Dans sa décision, la BGH a pour la première fois exposé les éléments qui laissent penser à une implication étatique dans ces actes de sabotage. Selon les enquêteurs, les explosions survenues en septembre 2022 dans la mer Baltique, près de l’île danoise de Bornholm, ont été « très probablement menées pour le compte d’un État étranger ». Bien que la décision ne nomme pas explicitement l’Ukraine, le contexte laisse clairement entendre que Kiev est considérée comme le commanditaire de l’opération.
La défense de Serhiy K. avait plaidé pour son immunité fonctionnelle, arguant qu’il s’agissait d’une action militaire légitime dans le cadre du conflit russo-ukrainien. Les infrastructures énergétiques russes, selon cet argument, constituaient une cible légitime pour affaiblir le financement de l’effort de guerre russe. La BGH a rejeté cet argument, soulignant que les gazoducs Nord Stream servaient principalement à des fins civiles, notamment l’approvisionnement en gaz de l’Allemagne, et ne pouvaient donc pas être considérés comme une cible militaire valable. De plus, le tribunal a estimé que l’opération avait été planifiée et exécutée par des services secrets, ce qui affaiblissait l’argument de l’immunité.
La décision de la BGH pourrait ouvrir la voie à un procès devant le tribunal régional supérieur de Hambourg. Serhiy K. devra alors répondre des accusations portées contre lui, qui incluent la destruction de bâtiments par explosion. L’enquête sur les explosions des gazoducs Nord Stream se poursuit, et cet événement a suscité une vive inquiétude au niveau international concernant la sécurité des infrastructures énergétiques européennes.
Les explosions survenues en septembre 2022 ont provoqué des fuites massives de gaz dans la mer Baltique, causant des dommages considérables aux gazoducs et soulevant des questions sur la sécurité énergétique de l’Europe. L’incident a eu un impact significatif sur les prix du gaz et a exacerbé les tensions géopolitiques dans la région.
