Los Angeles est accusé d’avoir régulièrement ignoré les règles de sécurité incendie de l’État en autorisant de nouveaux projets immobiliers dans des zones à haut risque, une pratique dénoncée par une nouvelle plainte déposée devant les tribunaux. Cette action juridique met en lumière un conflit croissant entre le développement urbain et la nécessité de protéger les communautés face aux incendies de forêt, exacerbés par le changement climatique.
À retenir
- La ville de Los Angeles est poursuivie pour avoir approuvé des permis de construire en violation des réglementations minimales de sécurité incendie de l’État.
- Le procès cite 75 exemples de projets qui ne respectent pas les normes concernant l’évacuation, l’accès des pompiers et la prévention de la propagation des flammes.
- Cette affaire intervient dans un contexte de débat intense sur le logement en Californie et de préoccupations croissantes concernant la sécurité incendie.
Contexte
Selon la plainte, déposée le 23 décembre devant la Cour supérieure du comté de Los Angeles par l’Alliance d’État pour la réglementation des routes en matière de sécurité incendie et la Fédération des associations de collines et de canyons, la ville a approuvé 75 permis de construire et autres plans qui enfreignent les réglementations de sécurité incendie de l’État. Ces réglementations, mises à jour en 2021, exigent notamment des routes larges et dégagées, des voies d’évacuation faciles, un accès aisé pour les pompiers, des coupe-feu stratégiques, des bornes d’incendie et un espacement suffisant entre les bâtiments pour limiter la propagation des flammes.
L’État de Californie a progressivement cartographié les zones à risque d’incendie, les classant en niveaux « modérés », « élevés » et « très élevés » à la suite d’un incendie particulièrement meurtrier à Panorama en 1980, dans le comté de San Bernardino, qui avait fait quatre victimes. Ces cartes servent à déterminer où des normes de sécurité incendie plus strictes doivent être appliquées. Au fil des années, le Département des forêts et de la protection contre les incendies de Californie (Cal Fire) a élargi ces zones à risque, et le législateur a ajouté des exigences de sécurité supplémentaires.
Ce qui change
L’affaire porte notamment sur un permis de construire délivré en avril pour une maison unifamiliale située sur Sandal Lane, une voie étroite et en pente raide entre Bel Air et Beverly Crest. La Hillside Federation, une organisation représentant des associations de propriétaires, a fait appel de cette décision, arguant que la rue ne permettrait pas l’accès des camions de pompiers en cas d’incendie. L’appel a été rejeté en septembre par le Conseil des commissaires au bâtiment et à la sécurité.
« Ce que nous dénonçons, et je crois que c’est le cas, c’est que la ville a systématiquement ignoré les réglementations et a permis au développement de se poursuivre dans ces zones à très haut risque d’incendie », a déclaré Jamie Hall, avocat du Channel Law Group, représentant les plaignants. Le ministère du Bâtiment et de la Sécurité n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires, et le bureau du procureur de la ville de Los Angeles a refusé de commenter le litige en cours.
Cette action juridique s’inscrit dans un contexte plus large de tensions autour du logement en Californie, où des groupes locaux s’opposent souvent à la densification de leurs quartiers. Les organisations de sécurité incendie se sont alliées à des résidents pour contester les tentatives de l’État de déroger aux réglementations existantes dans les zones à risque.
Prochaines étapes
L’issue de ce procès pourrait avoir des implications importantes pour l’avenir du développement urbain dans les zones à risque d’incendie en Californie. Les plaignants espèrent obtenir un arrêt qui contraindrait la ville de Los Angeles à appliquer plus strictement les réglementations de sécurité incendie et à reconsidérer les permis de construire approuvés en violation de ces règles. Marylee Guinon, présidente de l’Alliance d’État pour la réglementation des routes en matière de sécurité incendie, a souligné l’urgence de la situation : « Il est tragique qu’une bonne législation, soutenue par des instructions claires du procureur général de l’État, soit terriblement ignorée parce que la surveillance et l’application font défaut. Les communautés existantes et futures sont en danger. »
