Publié le 14 janvier 2026 20:46:00. Le chef de l’opposition hongroise, Péter Magyar, a appelé le Premier ministre slovaque Robert Fico à abroger un amendement controversé au code pénal et les décrets Beneš, considérés comme discriminatoires envers les minorités hongroises et allemandes. Cette demande intervient à quelques semaines des élections hongroises et a suscité une réaction du gouvernement slovaque.
- Péter Magyar demande l’abrogation de l’amendement pénal slovaque criminalisant la contestation des décrets Beneš.
- Le gouvernement slovaque rejette toute intervention dans la campagne électorale hongroise et maintient la validité des décrets Beneš.
- Budapest a saisi la Commission européenne concernant la loi slovaque, estimant qu’elle viole les droits fondamentaux.
Péter Magyar a exhorté Robert Fico à utiliser les 88 jours restants avant les élections législatives hongroises pour annuler les décrets Beneš et l’amendement en question. Il a publié son appel sur sa page Facebook, soulignant l’importance de bonnes relations de voisinage entre la Slovaquie et la Hongrie.
Selon Magyar, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a été surpris par la nouvelle attitude de son allié Fico, qui a, selon lui, pris des mesures défavorables aux Hongrois juste avant le scrutin d’avril. Il a dénoncé le fait que les décrets Beneš, adoptés après la Seconde Guerre mondiale, continuent de permettre, potentiellement, des expropriations de terres appartenant à des Hongrois en Europe centrale, même en 2026.
Robert Fico a fermement répondu qu’il ne participerait pas à la campagne électorale hongroise et a réaffirmé que les décrets Beneš constituent une partie intégrante du système juridique slovaque. Il a toutefois indiqué qu’il attend l’avis de la Commission européenne, saisie par le gouvernement hongrois sur cette question.
La conseillère principale de Viktor Orbán, Katalin Sziliová, a adressé une lettre ouverte à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, la semaine dernière, demandant à Bruxelles d’intervenir contre la loi slovaque qui pénalise le déni des décrets Beneš. Sziliová a argumenté que cette loi viole les droits fondamentaux et la liberté d’expression, en référence à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme. Elle a souligné que cette législation est contraire à l’article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE, qui garantit la liberté d’expression et d’information.
En début d’année, une manifestation contre l’amendement du code pénal slovaque a eu lieu devant l’ambassade slovaque à Budapest, rassemblant plusieurs centaines de personnes. Bien qu’aucun parti politique n’ait officiellement soutenu l’événement, des participants d’origine hongroise étaient présents.
