Publié le 14 octobre 2025 à 22h31. Le gouvernement irlandais tente de déminer le terrain politique en forçant un vote de confiance sur le Tánaiste Simon Harris, alors que la campagne présidentielle touche à sa fin et que les débats sur la gestion des personnes handicapées s’intensifient.
- Le gouvernement irlandais déposera mercredi une motion de confiance en faveur de Simon Harris, le Tánaiste.
- Cette manœuvre vise à contrer une motion de censure déposée par le parti Aontú, dirigé par Peadar Tóibín, concernant des controverses liées à la santé infantile et aux délais d’attente pour la chirurgie de la scoliose.
- La situation intervient en pleine campagne présidentielle, et le gouvernement craint que les débats sur le handicap ne dominent la couverture médiatique.
Dublin – Le gouvernement irlandais a annoncé son intention de forcer un vote de confiance sur le Tánaiste, Simon Harris, mercredi prochain. Cette décision intervient en réponse à l’annonce du parti Aontú, mené par Peadar Tóibín, qui avait déclaré son intention de déposer une motion de censure contre M. Harris la semaine prochaine. Les critiques de M. Tóibín portent sur des controverses entourant le service de Santé des enfants Irlande (CHI) et les longs délais d’attente pour les interventions chirurgicales de scoliose.
En général, une motion de censure est remplacée par une motion de confiance en faveur du ministre concerné, déposée par le gouvernement. Les whips des différents partis ont été informés mardi soir que la coalition gouvernementale déposerait sa motion de confiance à 13h12, avec un vote prévu à 15h30. Cette stratégie vise à éviter un débat prolongé au Dáil (la chambre basse du parlement irlandais) sur le bilan du gouvernement en matière de handicap, un sujet qui pourrait éclipser la campagne présidentielle en cours.
Certains membres de la coalition gouvernementale craignent que les discussions sur le handicap ne monopolisent l’attention des médias dans les jours précédant le scrutin présidentiel de vendredi prochain. Les ministres bénéficient d’une protection contre le dépôt de plus d’une motion de confiance au cours d’une période de six mois.
L’annonce de M. Tóibín a suscité quelques frustrations au sein de l’opposition, car il est d’usage de déposer les motions le vendredi afin qu’elles soient examinées la semaine suivante. Un député de l’opposition a suggéré que cette précipitation pourrait avoir été délibérée pour permettre au gouvernement d’avancer le vote. « S’il voulait leur causer des difficultés pendant l’élection présidentielle, il aurait dû attendre vendredi », a-t-il déclaré.
Bien que cette motion de confiance gouvernementale ne puisse empêcher le dépôt d’une motion de censure par Aontú, des sources indiquent que le parti pourrait reconsidérer sa stratégie. Il pourrait choisir de déposer une motion de censure contre l’ensemble du gouvernement plutôt que contre M. Harris seul, afin de maintenir le sujet du handicap au centre des préoccupations pendant la dernière semaine de la campagne. Une telle décision entraînerait deux débats de confiance sur le même sujet en l’espace de deux semaines.
Parallèlement, la campagne présidentielle se poursuit avec Catherine Connolly, candidate indépendante, et Heather Humphreys, candidate du Fine Gael, qui s’affrontent sur des questions telles que l’avenir du Tribunal pénal spécial. Heather Humphreys a été interpellée par la famille de Shane O’Farrell, décédé en 2011 dans un délit de fuite. La mère de la victime, Lucia O’Farrell, a exprimé son insatisfaction quant à l’engagement de Mme Humphreys en faveur de leur cause, notamment son absence à une veillée commémorative et son vote contre une enquête publique sur le décès.
De leur côté, d’anciens membres du Parti Vert, Pippa Hackett et Brian Leddin, ont critiqué la stratégie du parti et son soutien à Catherine Connolly. Mme Hackett estime que les Verts auraient dû rester neutres dans cette élection. Brian Leddin a démissionné du parti, expliquant ses préoccupations dans un article publié dans The Irish Times mardi. Cependant, l’ancien député européen du parti, Ciarán Cuffe, a défendu Mme Connolly, la qualifiant de « meilleure personne » pour défendre les enjeux climatiques et le logement.
