Publié le 9 décembre 2025 à 12h15. Des analyses sanguines courantes pourraient permettre de détecter une perte osseuse à un stade précoce, suggérant que le taux de phosphatase alcaline (ALP) pourrait aider à identifier les personnes susceptibles de bénéficier d’un dépistage précoce de l’ostéoporose avant l’apparition de fractures.
- Une étude récente révèle une association entre des taux élevés de phosphatase alcaline et un risque accru d’ostéoporose.
- Cette association est particulièrement marquée chez les femmes, les jeunes adultes et les personnes en bonne santé métabolique.
- Un seuil de 72 unités internationales par litre (UI/L) pourrait être envisagé pour orienter vers des examens complémentaires de la santé osseuse.
L’ostéoporose, caractérisée par une diminution de la masse osseuse et une détérioration de sa structure, représente un enjeu de santé publique croissant avec l’augmentation de l’espérance de vie. Elle augmente considérablement le risque de fractures et a un impact significatif sur la qualité de vie des patients. Identifier les personnes à risque avant l’apparition de fractures est donc crucial.
La phosphatase alcaline (ALP), une enzyme produite principalement par les ostéoblastes (cellules formant l’os) et les hépatocytes (cellules du foie), joue un rôle essentiel dans la minéralisation osseuse. Environ la moitié de l’ALP présente dans le sang provient de l’os et est donc un indicateur spécifique de l’activité osseuse. Les chercheurs se sont interrogés sur le potentiel de l’ALP, facilement mesurable lors des bilans de santé de routine, comme marqueur précoce de l’ostéoporose.
Une étude récente, publiée dans la revue Frontiers in Endocrinology, a cherché à déterminer si le taux d’ALP pouvait être un indicateur fiable du risque d’ostéoporose. Les chercheurs ont analysé les données de plus de 12 835 adultes chinois ayant subi des examens de santé de routine entre 2019 et 2024, incluant des analyses sanguines et des densitométries osseuses (DXA) de la hanche et de la colonne vertébrale.
Les résultats ont montré que les participants diagnostiqués avec une ostéoporose présentaient des taux d’ALP significativement plus élevés. L’analyse statistique a révélé que chaque augmentation de 1 UI/L de l’ALP était associée à un risque accru d’ostéoporose, et ce, même lorsque les taux se situaient dans la plage de référence normale. L’association était particulièrement forte chez les femmes, les jeunes adultes et les personnes ayant des fonctions hépatiques et métaboliques normales.
L’étude a également identifié un seuil potentiel de 72 UI/L pour l’ALP, au-delà duquel un dépistage plus approfondi de la santé osseuse pourrait être envisagé. Cependant, les chercheurs soulignent que des études longitudinales sont nécessaires pour confirmer la valeur prédictive de ce seuil.
Les chercheurs notent que lorsque des anomalies hépatiques ou métaboliques étaient présentes, l’association entre l’ALP et l’ostéoporose s’affaiblissait, suggérant que ces facteurs peuvent influencer les taux d’ALP et masquer le lien avec l’état osseux. Ils suggèrent que l’augmentation de l’ALP pourrait être une réponse compensatoire du remodelage osseux face à une perte de densité osseuse, plutôt qu’une cause directe de cette perte.
Bien que cette étude présente des limites, notamment sa conception transversale et le fait qu’elle ait été menée dans un seul centre hospitalier, elle souligne l’intérêt de considérer l’ALP comme un marqueur potentiel de risque d’ostéoporose, en particulier chez les populations à risque. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si le dosage de l’ALP pourrait être intégré aux bilans de santé de routine afin de dépister plus tôt cette maladie silencieuse.
