Publié le 24 novembre 2023 à 14h30. Le ministre indien des Transports, Nitin Gadkari, a alerté sur la gravité de la pollution atmosphérique à Delhi, révélant avoir contracté une infection après un court séjour dans la capitale et pointant du doigt le secteur des transports comme principal responsable.
Nitin Gadkari, ministre de l’Union chargé des transports routiers et des autoroutes, a exprimé son inquiétude face à la détérioration de la qualité de l’air à Delhi. Il a affirmé avoir été victime d’une infection après seulement deux jours passés dans la ville, soulignant ainsi le niveau élevé de pollution auquel sont confrontés les habitants.
« Je reste à Delhi pendant deux jours et j’ai contracté une infection, c’est tellement pollué. »
Nitin Gadkari, ministre indien des Transports
Selon le ministre, le secteur des transports est responsable d’environ 40 % de la pollution de Delhi, principalement en raison de la dépendance du pays aux combustibles fossiles comme l’essence et le diesel. Il a insisté sur la nécessité de s’orienter vers des alternatives plus propres, telles que la mobilité électrique et l’hydrogène, considérant cette transition non seulement comme un impératif environnemental, mais aussi comme une question de fierté nationale.
Gadkari a critiqué la forte dépendance de l’Inde aux importations de combustibles fossiles, estimées à près de 20 000 milliards de roupies (environ 23,5 milliards d’euros) par an. Il a dénoncé le coût économique et environnemental de cette situation, appelant à une politique favorisant la production nationale de carburants alternatifs.
« Aujourd’hui, la plus grande forme de nationalisme est de réduire les importations du pays et d’augmenter les exportations. Nous dépensons 20 000 milliards de roupies en combustibles fossiles et en important de la pollution. Ne pouvons-nous pas créer une Inde alternative ? »
Nitin Gadkari, ministre indien des Transports
Le ministre a souligné le potentiel des agriculteurs indiens à devenir des producteurs d’énergie, rappelant que des avancées significatives ont été réalisées dans la production de carburants alternatifs et de biocarburants. Il a également mis en avant la baisse constante du coût des batteries pour véhicules électriques, passant de 150 dollars américains par kilowattheure à 55 dollars américains actuellement. Il a également évoqué des technologies innovantes, comme l’utilisation de sodium et de feuilles d’aluminium comme sources d’énergie.
Les remarques de Nitin Gadkari interviennent alors que la qualité de l’air à Delhi reste préoccupante, avec des niveaux de pollution considérés comme “sévères” dans plusieurs quartiers de la ville. Les stations de surveillance d’Anand Vihar, Ashok Vihar et Chandni Chowk ont enregistré des indices de qualité de l’air (IQA) particulièrement élevés, dépassant les seuils recommandés. En réponse à cette situation, la Commission pour la gestion de la qualité de l’air a activé la phase IV du plan d’action de réponse progressive, incluant des mesures telles que l’utilisation d’arroseurs d’eau pour limiter la dispersion des particules polluantes.
Les propos du ministre mettent en lumière l’urgence d’une transition énergétique en Inde, afin de réduire la pollution atmosphérique et de renforcer l’indépendance énergétique du pays.
