Publié le 20 décembre 2025 à 04h18. L’administration américaine intensifie la pression sur le régime de Nicolás Maduro au Venezuela, allant jusqu’à un embargo pétrolier total et des opérations militaires ciblées, tandis que le dictateur vénézuélien explore discrètement des options d’exil.
- Les États-Unis ont imposé un embargo total sur le pétrole vénézuélien, accusant le régime de voler des revenus appartenant à des entreprises américaines.
- Donald Trump a laissé entendre qu’il n’excluait pas une intervention militaire au Venezuela, tout en maintenant pour l’instant une ligne rouge concernant les attaques directes sur le sol vénézuélien.
- Plusieurs pays, dont la Biélorussie, la Russie, la Turquie et le Qatar, sont évoqués comme possibles destinations d’exil pour Nicolás Maduro et son entourage.
Washington durcit le ton face à Caracas, accusant le régime de Nicolás Maduro de s’approprier illégalement des revenus pétroliers qui reviendraient légitimement à des entreprises américaines. Cette escalade intervient après une série d’opérations militaires américaines contre des navires soupçonnés de trafic de drogue opérant depuis le Venezuela, et se concrétise par un embargo pétrolier total annoncé cette semaine par le président Donald Trump.
Selon l’administration américaine, cet embargo est une réponse à l’expropriation de licences et de compagnies pétrolières appartenant à des sociétés américaines par les régimes successifs d’Hugo Chávez puis de Nicolás Maduro. Le président Trump réclame désormais la restitution de ces droits, estimant que le Venezuela a « volé » des ressources qui appartiennent aux États-Unis.
Interrogé sur la possibilité d’une intervention militaire pour renverser Maduro, Donald Trump n’a pas exclu cette option.
« Je ne l’exclus pas »
Donald Trump, président des États-Unis
Malgré l’embargo et la saisie récente d’un navire pétrolier, Nicolás Maduro affirme que les opérations pétrolières se poursuivront normalement. Cependant, cette façade de calme pourrait masquer une recherche de solution négociée pour le dictateur et son entourage, qui étudieraient déjà plusieurs options d’exil.
En novembre dernier, Maduro aurait eu un entretien téléphonique avec Donald Trump, tentant de négocier son départ du pouvoir dans des conditions favorables. Selon des sources proches du dossier citées par le quotidien britannique The Telegraph, cette conversation de quinze minutes aurait été tendue, les exigences de Maduro étant jugées inacceptables par la Maison Blanche.
Maduro aurait notamment exigé de conserver 200 millions de dollars de sa fortune personnelle en cas de départ, ainsi qu’une amnistie totale pour lui-même et une centaine de hauts responsables de son régime. Il aurait également demandé un exil sécurisé dans un pays « ami ».
Ces demandes ont été rejetées par les États-Unis. Trump et Marco Rubio auraient offert à Maduro quelques heures pour quitter le pays avec sa famille, une proposition qu’il a ignorée. Pour l’heure, Maduro reste au pouvoir, et Washington n’a pas autorisé d’attaques directes sur le sol vénézuélien, malgré une pression accrue.
Plusieurs pays sont évoqués comme possibles destinations d’exil pour Maduro. La Biélorussie s’est proposée d’accueillir le dictateur, son président Alexandre Loukachenko déclarant :
« Maduro n’a jamais été notre ennemi ou notre adversaire. S’il voulait venir en Biélorussie, nos portes lui sont toujours ouvertes. »
Alexandre Loukachenko, président de la Biélorussie
La Russie, alliée de longue date du régime vénézuélien, est également une option. Moscou a par le passé accueilli d’autres dictateurs en exil, comme le président syrien Bachar al-Assad, qui vit désormais dans le quartier luxueux de Rublyovka, à Moscou.
La Turquie, qui a renforcé ses liens avec Caracas ces dernières années, pourrait également offrir un refuge à Maduro. Ankara a été un allié constant du Venezuela face aux sanctions occidentales.
Enfin, le Qatar, connu pour son rôle de médiateur international, pourrait offrir un terrain neutre pour des négociations et un exil discret. Le pays entretient des relations fonctionnelles avec les États-Unis tout en maintenant des liens avec le régime vénézuélien.
Cuba, principal soutien politique et idéologique du chavisme, est également une destination possible, bien que sa situation économique précaire puisse limiter sa capacité à offrir un exil confortable à Maduro. La Havane est garante du modèle chaviste depuis l’époque d’Hugo Chávez.
