Publié le 15 novembre 2023 22:52:00. Des centaines de milliers de Mexicains ont manifesté ce samedi contre la présidente Claudia Sheinbaum, l’accusant de liens avec les cartels de la drogue, suite à l’assassinat d’un maire et face à une insécurité grandissante.
- Des manifestations massives ont eu lieu dans tout le pays, notamment à Mexico, Mérida, Chiapas et Jalisco.
- La génération Z, inspirée par des mouvements similaires à l’étranger, joue un rôle central dans ces protestations, combinant activisme numérique et mobilisation de masse.
- Les manifestants ont exprimé leur colère en démolissant une partie de la clôture du palais présidentiel et en brandissant des drapeaux pirates, symboles de leur contestation.
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum est confrontée à une vague de protestations sans précédent, alimentée par la colère face à l’insécurité et aux accusations de collusion avec les cartels de la drogue. Les manifestations, qui ont débuté après l’assassinat du maire de Michoacán, Carlos Manzo Rodríguez, ont rassemblé des centaines de milliers de personnes à travers le pays.
Le mouvement a pris racine auprès de la génération Z, les jeunes nés entre 1997 et 2012, qui dénoncent avec force la criminalité, la corruption et l’impunité au Mexique. Inspirés par des initiatives similaires au Népal, en Serbie, au Maroc, aux Philippines et au Pérou, ces jeunes ont démontré leur capacité à mobiliser à la fois en ligne et dans les rues. Au Népal, des manifestations similaires ont même conduit à la démission du Premier ministre après l’interdiction des réseaux sociaux.
À Mexico, la manifestation s’est déroulée dans un premier temps de manière pacifique, les participants brandissant des drapeaux pirates et des pancartes dénonçant un « narco-État ». Cependant, en arrivant au palais présidentiel, protégé par une clôture imposante, la situation s’est tendue. Des manifestants ont escaladé le mur, tandis que d’autres ont tagué des slogans sur la structure. Des affrontements avec les forces de l’ordre ont éclaté, la police utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Malgré cela, les manifestants ont réussi à hisser un immense drapeau pirate au pied du palais présidentiel, un geste symbolique fort.
Les protestations ne se sont pas limitées à la capitale. Des manifestations ont également eu lieu à Mérida, Yucatán, où le drapeau pirate a flotté au sommet du Monument à la Patrie, ainsi qu’au Chiapas, Jalisco, Puebla, Oaxaca et Michoacán. Partout, les manifestants ont uni leurs voix pour exprimer leur indignation face à la situation sécuritaire du pays.
Claudia Sheinbaum est confrontée à une pression multiple : celle de la génération Z, du mouvement antidrogue dirigé par Grecia Quiroz, veuve de Carlos Manzo Rodríguez, des protestations des enseignants, proches de l’ancien président Andrés Manuel López Obrador, et des critiques des États-Unis concernant la lutte contre les cartels. La jeunesse mexicaine a ainsi réussi à mettre le gouvernement en difficulté, démontrant le pouvoir de la connexion numérique, de la créativité visuelle et de la mobilisation de masse pour exiger des changements.
Ce mouvement s’inscrit dans une tendance mondiale, où les jeunes nés entre la fin des années 1990 et le début des années 2010 deviennent des acteurs clés des protestations contre la corruption, les inégalités et le recul démocratique. Au Mexique, le mouvement est encore en développement, mais son impact est déjà visible : des rues envahies, des drapeaux pirates au sommet des monuments et un gouvernement de plus en plus acculé par la jeunesse.
