La course pour le siège de Nancy Pelosi à la Chambre des représentants s’annonce déjà houleuse : le sénateur d’État Scott Wiener a annoncé sa candidature pour 2026, défiant ainsi l’attente d’un départ de la doyenne de la politique californienne et ouvrant une bataille financière et idéologique au sein du Parti démocrate.
L’annonce, révélée jeudi par la presse locale, a pris de court de nombreux observateurs politiques de San Francisco. Wiener, connu pour son approche pragmatique et son efficacité législative, n’avait jusqu’à présent jamais ouvertement contesté la position de Pelosi, tout en laissant entendre qu’il serait prêt à se lancer si elle choisissait de ne pas se représenter.
Cette décision intervient alors que Pelosi, âgée de 85 ans, se remet d’une arthroplastie de la hanche et se concentre sur la Proposition 50, une initiative visant à redessiner les circonscriptions électorales californiennes. Elle a déjà collecté des fonds importants pour cette proposition, qu’elle considère comme cruciale pour contrer les tentatives républicaines de manipulation électorale au Texas.
La course à la primaire démocrate s’annonce particulièrement disputée, avec l’entrée en lice de Saikat Chakrabarti, un jeune entrepreneur multimillionnaire qui a dirigé la campagne victorieuse d’Alexandria Ocasio-Cortez en 2018. Chakrabarti, qui s’est déjà positionné comme un candidat progressiste et anti-establishment, a autofinancé sa campagne à hauteur de 700 000 dollars (environ 640 000 €) et dispose de ressources financières considérables.
Wiener, quant à lui, a déjà levé plus d’un million de dollars (environ 920 000 €), mais devra accélérer sa collecte de fonds avant la période hivernale, traditionnellement plus difficile. La primaire, prévue en juin 2026, s’annonce coûteuse.
Le sénateur d’État a fait ses preuves en matière de législation progressiste, notamment en interdisant aux forces de l’ordre, y compris l’ICE, de porter des masques, en adoptant une loi controversée sur le logement visant à augmenter la densité autour des transports en commun, et en promouvant des politiques « YIMBY » (Yes In My Backyard) pour faciliter la construction de logements. Il a également été un fervent défenseur des droits des immigrés et des personnes LGBTQ+, ce qui lui a valu des menaces de mort.
« Wiener n’a pas le charisme de Pelosi, mais il a des atouts pour faire son travail et gérer le vitriol vicieux de la politique moderne », souligne un analyste politique.
Un sondage interne, bien que sujet à caution, indiquerait que Chakrabarti obtiendrait actuellement 34 % des voix contre 47 % pour Pelosi. La popularité de Chakrabarti semble croître à mesure que les électeurs en apprennent davantage sur lui.
L’enjeu de cette primaire dépasse largement le simple remplacement de Pelosi. Il s’agit également de savoir si le Parti démocrate a besoin de nouveaux visages et de candidats plus jeunes pour faire face aux défis futurs, notamment la montée du trumpisme et la nécessité de préserver la démocratie.
Pelosi, pour l’instant, se concentre sur la Proposition 50, qu’elle considère comme essentielle pour empêcher une victoire républicaine aux élections de mi-mandat. Le résultat du vote du 4 novembre pourrait donc déterminer si les démocrates ont une chance de reprendre le contrôle de la Chambre des représentants.
