Publié le 8 novembre 2023 23:58:00. De nouvelles révélations accablantes mettent en lumière des pratiques troublantes au sein du palais de Buckingham, impliquant le prince Andrew et des accusations de trafic sexuel liées au réseau de Jeffrey Epstein. Un historien affirme que la reine Elizabeth II était au courant de ces agissements et a choisi de ne pas intervenir.
- L’historien Andrew Lownie affirme que le prince Andrew faisait venir régulièrement des prostituées au palais de Buckingham pendant des années.
- Des anciens employés du palais témoignent d’une atmosphère de silence et de protection orchestrée autour du prince Andrew, notamment pendant le règne de sa mère, la reine Elizabeth II.
- Le prince Andrew est également accusé d’abus sexuels par Virginia Giuffre, une victime de Jeffrey Epstein, et fait l’objet d’une convocation à comparaître devant une commission du Congrès américain.
Des allégations choquantes viennent ternir davantage l’image de la famille royale britannique. L’historien Andrew Lownie, auteur de « Intitulé : The Rise and Fall of the House of York », révèle que le prince Andrew, ancien duc d’York, aurait régulièrement fait venir des prostituées au palais de Buckingham pendant de nombreuses années. Selon ses sources, la reine Elizabeth II était informée de ces pratiques mais aurait choisi de ne pas intervenir, son fils étant, semble-t-il, son favori.
Lownie décrit une situation où des employés du palais se plaignaient de ces visites régulières.
« Il a amené des prostituées au palais de Buckingham pendant des années. Cela se faisait régulièrement. Les employés se sont plaints auprès de leurs supérieurs, mais aucune mesure n’a été prise. Les membres des forces de sécurité qui protestaient ont été avertis que s’ils n’étaient pas satisfaits, ils pourraient retourner patrouiller à Brixton, mais sinon ils devraient garder le silence. »
Andrew Lownie, historien
Il ajoute que la reine était au courant, mais que l’affaire est restée dissimulée jusqu’à présent.
Ces révélations s’ajoutent aux accusations d’abus sexuels déjà pesant sur le prince Andrew, et à ses liens étroits avec le réseau de Jeffrey Epstein, un financier américain condamné pour exploitation sexuelle de mineures. Virginia Giuffre, l’une des victimes d’Epstein, accuse le prince Andrew de l’avoir agressée sexuellement à plusieurs reprises lorsqu’elle était mineure. Dans ses mémoires, elle décrit comment Epstein lui aurait demandé de « servir » le duc d’York, qui aurait agi comme si avoir des relations sexuelles avec elle était « son droit de naissance ». Des extraits de ses mémoires ont été publiés par The Guardian.
Selon les témoignages d’anciens employés du palais, cités par ActualitésNation, une atmosphère de silence et de protection a été maintenue autour du prince Andrew tant que la reine était en vie. Cependant, depuis le décès de la reine et la perte de son statut officiel, de plus en plus de personnes se sentent libres de témoigner.
« Je reçois chaque jour davantage d’informations de la part de personnes qui ont travaillé au palais et au gouvernement. Ils n’ont plus peur de s’exprimer maintenant qu’Andrew a été démis du pouvoir et n’a plus la protection de la reine. »
Andrew Lownie, historien
La pression institutionnelle sur le prince Andrew s’est intensifiée récemment avec sa convocation à comparaître devant le Comité de surveillance de la Chambre des représentants des États-Unis. Ce comité souhaite l’interroger sur ses liens avec Jeffrey Epstein et sur les allégations d’abus sexuels. Robert García, membre démocrate de la commission, a déclaré :
« Des hommes riches et puissants ont échappé à la justice pendant trop longtemps. Désormais, l’ancien prince Andrew a l’opportunité de dire la vérité et de rendre justice aux victimes. »
Robert García, membre du Comité de surveillance de la Chambre des représentants des États-Unis
Le palais de Buckingham a réagi en retirant au prince Andrew ses titres de « Son Altesse Royale » et de « Prince », une décision annoncée le 3 novembre. Le prince Andrew a expliqué qu’il avait pris cette décision après en avoir discuté avec le roi Charles III et d’autres membres de la famille royale, afin d’éviter que les accusations portées contre lui ne nuisent au travail de la monarchie. Le palais a également exprimé son soutien aux victimes d’abus et d’exploitation.
Malgré ces mesures, la presse britannique rapporte que des doutes subsistent quant à la véracité des déclarations du prince Andrew concernant la fin de sa relation avec Epstein, des courriels suggérant que les contacts ont continué au-delà de 2011. L’image publique et la vie personnelle du prince Andrew ont été durablement affectées par ces scandales. Selon le quotidien The Mirror, l’ancien duc vit désormais dans un isolement quasi total dans sa résidence de Royal Lodge, passant ses journées à jouer aux jeux vidéo, à regarder des films de guerre et des émissions de golf. Il conserverait par ailleurs des habitudes princières, exigeant que son personnel le traite avec les honneurs dus à son ancien statut.

