Home Technologie et scienceDémystifier la science | Les métabolismes lents et rapides

Démystifier la science | Les métabolismes lents et rapides

by Thomas Caron
La répartition réelle de la dépense énergétique
Stéphanie Chevalier, nutritionniste à l’Institut de recherche du CUSM, précise que le métabolisme de base représente en moyenne 65 % de l’énergie totale dépensée par un individu au repos. Cette dépense assure les fonctions vitales, comme la respiration et l’activité cérébrale, bien que des différences génétiques créent des variations notables entre les personnes.

La répartition réelle de la dépense énergétique

Le concept de métabolisme est souvent mal compris dans le discours public, où les notions de vitesse lente ou rapide sont amalgamées. Selon La Presse, la dépense énergétique totale se divise en trois composantes distinctes : le métabolisme de base, l’activité physique et la thermogenèse.

Le métabolisme de base, qui englobe la circulation sanguine, la synthèse des protéines et l’activité des organes, domine largement le bilan énergétique. La thermogenèse, correspondant à l’énergie nécessaire pour ingérer et digérer les nutriments, ne représente que 5 % du total. L’activité physique occupe le reste, soit environ 30 %.

Cette structure varie cependant selon le profil de l’individu. Chez les athlètes, l’activité physique peut grimper à 50 % de la dépense totale, ce qui réduit mécaniquement la part du métabolisme de base à 45 %. Entre les métabolismes de base les plus rapides et les plus lents, on observe une différence d’au moins 10 %.

Le cerveau et le foie : les moteurs du métabolisme

Certains organes sont beaucoup plus gourmands en énergie que d’autres. Au repos, la consommation énergétique est concentrée sur quelques centres névralgiques.

  • Le cerveau : 20 % à 25 % de la dépense énergétique.
  • Les muscles : 20 %.
  • Le foie : 20 %.

Une idée reçue suggère qu’une activité intellectuelle intense augmenterait significativement cette consommation. Or, les recherches d’Angelo Tremblay, de l’Université Laval, démontrent qu’il n’existe pas de différence notable de consommation d’énergie selon que des étudiants étudient ou non. Le cerveau maintient un niveau de dépense stable, indépendamment de la charge cognitive immédiate.

L’adaptation métabolique face à la perte de poids et l’Ozempic

L'adaptation métabolique face à la perte de poids et l'Ozempic

L’utilisation de médicaments comme l’Ozempic ou le recours à des régimes stricts soulèvent des questions sur la stabilité du métabolisme. Le problème ne réside pas uniquement dans la perte de masse musculaire, mais dans une réaction physiologique plus profonde.

Les gens qui perdent du poids ont une diminution de leur masse maigre, de leurs muscles, mais on voit une diminution de leur métabolisme de base qui est supérieure à la diminution de la masse maigre.
Stéphanie Chevalier, nutritionniste à l’Institut de recherche du CUSM

Ce phénomène, appelé adaptation métabolique, est une stratégie de survie du corps. L’organisme ralentit certains processus physiologiques pour conserver le maximum d’énergie possible. Cette efficacité forcée peut rendre la stabilisation du poids difficile après une perte rapide.

La conservation d’énergie chez les athlètes et les femmes

L’efficacité métabolique n’est pas toujours synonyme de performance brute ; elle est parfois une question d’économie. Les femmes présentent généralement un métabolisme de base plus lent que celui des hommes, une caractéristique probablement liée à la conservation d’énergie nécessaire aux fonctions reproductives.

On observe un paradoxe similaire chez les grands sportifs. Les marathoniens, par exemple, développent un métabolisme de base plus lent au niveau musculaire. Loin d’être un handicap, cette aptitude permet au corps de ne pas gaspiller d’énergie inutilement lors d’efforts prolongés.

Démystifier la science pour le grand public

La compréhension de ces mécanismes biologiques s’inscrit dans un mouvement plus large de vulgarisation scientifique. Des initiatives comme le festival Pint of Science illustrent cette volonté de sortir la recherche des laboratoires pour l’amener dans des lieux de vie quotidiens.

En 2018, cet événement a mobilisé plus de 600 scientifiques dans 39 villes françaises pour discuter de thématiques variées, allant des rythmes circadiens, étudiés par le Dr Jorge Mendoza, aux secrets de l’ADN. Cette approche, soutenue par des plateformes comme La Dernière Science, vise à rendre les données complexes accessibles à tous, permettant ainsi de mieux comprendre comment notre propre corps fonctionne, loin des clichés sur les métabolismes rapides ou lents.

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La conservation d'énergie chez les athlètes et les femmes
Photo: tvdici.fr

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