Home Technologie et scienceAbsence de voix françaises sur les jeux vidéo, comédiens originaux oubliés, IA: que se passe-t-il chez Microsoft et Xbox

Absence de voix françaises sur les jeux vidéo, comédiens originaux oubliés, IA: que se passe-t-il chez Microsoft et Xbox

by Thomas Caron
Le doublage français sacrifié sur l’autel de l’IA

Le doublage français sacrifié sur l’autel de l’IA

Le doublage français sacrifié sur l’autel de l’IA

Le doublage français disparaît progressivement des productions de Microsoft et d’Electronic Arts. Selon le site Jeuxonline, ce retrait n’est pas le fruit du hasard mais la conséquence directe d’un bras de fer contractuel : les comédiens de voix refusent des clauses liées à l’intelligence artificielle, qu’ils estiment dangereuses pour l’avenir de leur profession. Fait notable, seule la langue française est visée par ces coupes, les autres localisations demeurant intactes.

Des licences majeures sous silence

Debate: French vs. Original Version? "French Voices vs. Microsoft's AI" – Excerpt POST CREDIT

Depuis l’été dernier, le constat est sans appel. Les mises à jour de titres d’envergure comme The Elder Scrolls Online, World of Warcraft et Apex Legends sont désormais dépourvues de pistes audio francophones. Face à l’inquiétude des communautés de joueurs, les éditeurs sont restés muets, aucune communication officielle ne venant justifier ce mutisme soudain.

Le cas de Forza Horizon 6 apporte un éclairage plus direct sur la situation. Si les menus et les sous-titres demeurent en français, la voix a été purement et simplement évincée. Dans un message publié sur X, le compte @ForzaHorizonFR a confirmé la rupture : « La VF audio n’est pas disponible pour le moment. On espère pouvoir reprendre les négociations rapidement avec les acteurs français pour pouvoir continuer de créer du contenu en VF. »

La ligne rouge des syndicats

Au cœur du conflit : l’usage de l’intelligence artificielle générative. En septembre dernier, le Syndicat français des artistes interprètes (SFA) et l’association Les Voix ont uni leurs forces pour exiger des garanties. Après une période de prudence observée au début de l’année 2025, les organisations ont fini par exiger l’insertion d’une clause protectrice.

Leur revendication est limpide : interdire formellement l’utilisation des prestations des comédiens pour trois usages précis : l’entraînement des systèmes d’IA, la génération de répliques numériques et la création de voix synthétiques.

L’impasse juridique face à Microsoft

La pomme de discorde réside dans la formulation même des contrats. Microsoft propose une version qui, selon les syndicats, ne protège en rien les artistes. Le géant américain stipule : « Le Client s’engage à ne pas utiliser de nouveaux éléments dans la voix unique et reconnaissable de l’Artiste-interprète pour la Production et la génération par la technologie d’intelligence artificielle générative, à moins que l’Artiste-interprète n’y ait préalablement consenti en signant la Lettre d’accord ci-jointe. »

Pour le SFA et Les Voix, ce texte est une coquille vide. Ils dénoncent une rédaction qui omet d’exclure explicitement l’apprentissage automatique. Plus encore, ils craignent que cette formulation laisse une porte dérobée à la création de voix synthétiques, dès lors qu’elles ne seraient pas jugées « uniques et reconnaissables ». Un flou juridique jugé inacceptable par la profession.

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La ligne rouge des syndicats

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