Publié le 10 novembre 2025 à 21h27. Une vague de violence frappe les prisons équatoriennes, avec 27 décès survenus dimanche dans un établissement de Machala, tandis que le pays est déjà confronté à une crise sécuritaire sans précédent.
- Au moins 27 détenus sont morts après avoir été pendus dans la prison de Machala, dans la province d’El Oro.
- Quatre autres détenus ont perdu la vie et 33 ont été blessés, ainsi qu’un policier, lors d’incidents distincts survenus dans la même prison au petit matin.
- L’Équateur enregistre une augmentation alarmante du nombre d’homicides, avec une hausse de 47 % au premier semestre 2025 par rapport à la même période en 2024.
Les prisons équatoriennes sont devenues un épicentre de la violence criminelle qui déstabilise le pays. Dimanche, le Service national d’attention intégrale aux adultes privés de liberté et aux adolescents délinquants (SNAI) a confirmé le décès de 27 prisonniers dans l’établissement de Machala, dans la province d’El Oro, à la frontière avec le Pérou. Selon le SNAI, les victimes sont décédées des suites d’asphyxie causée par une suspension.
Plus tôt dans la journée, un autre incident avait fait quatre morts et 33 blessés, dont un agent de police, dans la même prison. Le SNAI a initialement annoncé cinq décès avant de rectifier ses chiffres. L’institution a attribué ces événements à une « réorganisation des personnes privées de liberté dans la nouvelle prison à sécurité maximale », sans fournir de détails supplémentaires.
Ces tragédies s’ajoutent à une série de violences qui secouent le système pénitentiaire équatorien. Le 1er novembre dernier, douze personnes avaient déjà été retrouvées mortes dans trois prisons du pays : six au pénitencier du Litoral, à Guayaquil, quatre à Cuenca et deux à Esmeraldas. Le SNAI avait alors évoqué des « morts naturelles » dans le cas des détenus du pénitencier du Litoral, le ministère de l’Intérieur mentionnant une possible cause liée à la tuberculose. Les médias locaux avaient cependant rapporté que certains corps présentaient des blessures par arme à feu, au couteau ou des contusions.
L’Équateur est confronté à une crise de violence sans précédent, avec environ 600 détenus assassinés dans les prisons depuis 2021, principalement lors d’affrontements entre bandes rivales. Face à cette situation, le président Daniel Noboa a décrété un « conflit armé interne » en 2024, mobilisant l’armée et la police pour lutter contre les groupes criminels accusés d’être à l’origine de la flambée de la violence qui a propulsé le pays en tête du classement des taux d’homicides en Amérique latine.
La situation sécuritaire s’est aggravée en 2025, avec 4 619 homicides enregistrés au cours du premier semestre, soit une augmentation de 47 % par rapport aux 3 143 homicides recensés durant la même période en 2024.
« La voiture piégée à Guayaquil révèle que le crime organisé a décidé d’affronter l’État »
Attaque en Équateur : El Comercio
