Publié le 29 septembre 2025 à 09h13. Google va durcir les règles d’accès à son écosystème Android, ce qui pourrait sonner le glas des boutiques d’applications alternatives comme F-Droid, un bastion des logiciels libres et respectueux de la vie privée.
- À partir d’automne 2026, seules les applications dont les développeurs sont enregistrés auprès de Google pourront être installées sur les appareils Android certifiés.
- F-Droid, une plateforme populaire pour les applications open source, craint que cette nouvelle exigence ne mette en péril l’existence des magasins d’applications indépendants.
- Google justifie cette mesure par un souci de sécurité renforcée, mais F-Droid y voit une tentative de contrôle accru sur l’écosystème Android.
La décision de Google, annoncée le 25 août, impose aux développeurs de s’enregistrer et de signer leurs applications pour qu’elles soient compatibles avec les appareils Android certifiés. Cette nouvelle politique, qui entrera en vigueur en 2026, suscite l’inquiétude des acteurs du monde des applications alternatives, en particulier F-Droid.
F-Droid se distingue par son engagement envers les logiciels libres et la protection de la vie privée. La boutique ne propose que des applications gratuites et open source, exemptes de traqueurs publicitaires et d’outils de collecte de données cachés. Elle compte actuellement environ 3 800 applications, un chiffre modeste comparé aux 1,8 million d’applications disponibles sur le Google Play Store après un nettoyage complet en avril.
Selon F-Droid, la nouvelle réglementation de Google menace directement la viabilité des boutiques d’applications alternatives. L’équipe de F-Droid l’explique dans un article de blog : les applications ne pourraient plus être proposées directement, car F-Droid n’a aucun contrôle sur les clés ou les identifiants requis par Google. De plus, il est impossible pour F-Droid de contraindre les développeurs open source à s’inscrire auprès de Google.
Jusqu’à présent, F-Droid certifiait ses applications sélectionnées en vérifiant qu’elles étaient entièrement open source et ne contenaient aucune fonction intrusive. Le service compilait ensuite l’application et la signait avec sa propre clé cryptographique, garantissant ainsi son intégrité. Cette approche permettait aux utilisateurs de s’assurer que chaque application diffusée via F-Droid pouvait être reconstruite à partir du code source original et n’avait pas été manipulée.
F-Droid critique également le fait que Google se positionne comme une « autorité centrale » pour l’examen des applications Android, y compris celles qui ne sont pas proposées sur le Google Play Store. Google justifie cette nouvelle politique par la nécessité d’accroître la sécurité et de lutter contre les logiciels malveillants. F-Droid remet en question cette justification, soulignant que des applications malveillantes ont été découvertes à plusieurs reprises sur le Play Store, et que Android dispose déjà de mécanismes de protection tels que Google Play Protect.
Par ailleurs, Google a récemment pris d’autres décisions qui pourraient limiter l’ouverture d’Android. La publication d’Android 16, bien que mettant à disposition le code source via le projet Android Open Source (AOSP) sous licence Apache 2.0, n’a pas inclus les appareils Pixel précédemment pris en charge. De plus, Google a modifié sa stratégie de publication des correctifs de sécurité, ce qui rendra plus difficile pour les développeurs de ROM personnalisées de fournir des mises à jour de sécurité mensuelles .
(AFL)
