Publié le 24 janvier 2024. Une éminente dermatologue bulgare, le professeur Miroslava Kadurina, a obtenu gain de cause face à l’État après huit ans de procédures judiciaires liées à des accusations de détournement de fonds. Le tribunal a condamné le parquet à lui verser près de 90 000 BGN (environ 45 000 euros) en réparation du préjudice moral subi.
- Le professeur Kadurina a été totalement blanchie de toutes accusations de détournement de fonds par la Cour suprême le 8 janvier 2024.
- Le parquet a été condamné à verser 89 848 BGN (environ 45 000 euros) en compensation pour le préjudice moral causé par les poursuites.
- Des témoignages ont révélé l’impact dévastateur des accusations sur la santé et la réputation de la professeure Kadurina.
L’affaire remonte à 2015, lorsque le ministère public a ouvert une enquête pour détournement de 774 763 BGN (environ 390 000 euros) au sein de la clinique de dermatologie de l’Académie des sciences médicales, dirigée à l’époque par le professeur Kadurina. Suite à l’inculpation, il avait été conseillé aux collègues et étudiants de la professeure de ne plus lui adresser la parole, la plongeant dans un isolement profond, selon les conclusions du tribunal.
La décision du tribunal municipal de Sofia, rendue par la juge Margarita Apostolova, souligne l’impact considérable des poursuites sur la vie de la professeure Kadurina. Des témoins ont décrit une femme bouleversée, anxieuse, contrainte de limiter ses contacts sociaux et de prendre des antidépresseurs. Elle a également dû renoncer à des invitations à des conférences internationales, son autorité professionnelle étant gravement compromise.
« Elle était bouleversée, inquiète, limitait ses contacts sociaux, éprouvait un fort sentiment d’offense et de frustration à l’égard du système. »
Témoin (identité non divulguée)
La juge Apostolova a également noté que, même après son acquittement, l’information relative aux poursuites restait visible sur le site web du parquet, continuant ainsi à porter atteinte à sa réputation. Le professeur Kadurina avait initialement réclamé 300 000 BGN (environ 150 000 euros) en réparation du préjudice moral, invoquant des douleurs et souffrances mentales, du stress, ainsi qu’une atteinte à son honneur, à sa dignité et à sa réputation.
L’ancien chef du VMA (Hôpital militaire académique), le professeur Stoyan Tonev, avait également été accusé dans cette affaire, mais il est décédé en 2017 avant de pouvoir entendre le verdict final. La décision du tribunal n’est pas définitive et peut faire l’objet d’un appel.
