Publié le 8 janvier 2026. Des études françaises d’envergure mettent en évidence un lien possible entre la consommation régulière de certains conservateurs alimentaires et une légère augmentation du risque de cancers, notamment du sein et de la prostate, ainsi que de diabète de type 2.
- Deux études publiées dans les revues BMJ et Nature Communications révèlent des associations entre la consommation de conservateurs et l’incidence de cancers et de diabète.
- L’étude la plus marquante suggère un risque accru d’environ un tiers de cancer de la prostate lié à la consommation de nitrite de sodium (E250).
- Les chercheurs recommandent des politiques de santé publique favorisant des produits limitant l’utilisation de conservateurs et d’additifs superflus.
Des études menées par une équipe de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ont analysé les données de plus de 100 000 Français suivis pendant plusieurs années. Ces recherches, basées sur des questionnaires détaillés sur les habitudes alimentaires et la composition des produits consommés, suggèrent une corrélation entre l’exposition à certains conservateurs et le développement de pathologies graves.
La première étude, parue dans la revue BMJ, indique qu’il existe « de multiples associations entre les conservateurs largement utilisés dans les aliments et boissons industriels présents sur le marché européen et une incidence plus élevée de cancer », en particulier du sein et de la prostate. Bien que ces études ne permettent pas d’établir une relation de cause à effet directe, elles fournissent des preuves significatives grâce à leur méthodologie rigoureuse.
La seconde étude, publiée dans Nature Communications, met en lumière des « associations entre une incidence plus élevée de diabète de type 2 et une consommation plus élevée de plusieurs conservateurs largement utilisés ». Une consommation régulière de sorbate de potassium (E202), par exemple, est associée à un risque deux fois plus élevé de développer cette maladie.
Selon les chercheurs, dirigés par l’épidémiologiste Mathilde Touvier, le risque individuel reste limité – comparé, par exemple, à l’impact du tabagisme sur le cancer du poumon – mais l’ampleur de la consommation de ces additifs dans la population générale pourrait entraîner un nombre significatif de cas supplémentaires. Ils soulignent l’importance de politiques publiques visant à réduire l’utilisation de ces substances dans l’alimentation.
Ces résultats s’inscrivent dans un contexte plus large de préoccupations croissantes concernant les effets néfastes des aliments ultra-transformés sur la santé. Une consommation excessive de ces produits peut également être liée à des problèmes tels que les ulcères d’estomac et le cancer colorectal.
Les aliments ultra-transformés présentent un risque pour la santé
