Publié le 27 octobre 2025 à 05h00. Des chercheurs de l’Université Case Western Reserve remettent en question les traitements actuels contre l’asthme, identifiant de nouvelles molécules impliquées dans les difficultés respiratoires et ouvrant la voie à des thérapies plus ciblées.
- L’asthme pourrait être provoqué par des « pseudo-leucotriènes », formés par des radicaux libres, et non par les leucotriènes initialement suspectés.
- Cette découverte pourrait conduire à de nouveaux médicaments qui neutralisent l’action des radicaux libres plutôt que de bloquer une cascade inflammatoire mal identifiée.
- Les chercheurs ont identifié ces pseudo-leucotriènes dans l’urine de patients asthmatiques, avec une concentration corrélée à la gravité de la maladie.
Cleveland (États-Unis) – Pendant des décennies, les traitements contre l’asthme se sont concentrés sur les leucotriènes, des substances chimiques libérées par les globules blancs en réaction à une irritation des voies respiratoires ou à la présence d’allergènes. L’idée était de bloquer la cascade moléculaire déclenchée par ces leucotriènes, responsables des difficultés respiratoires. Cependant, une équipe de l’ Université Case Western Reserve conteste aujourd’hui cette hypothèse.
Selon Robert Salomon, expert impliqué dans ces recherches, les véritables responsables seraient en réalité des molécules qu’il a baptisées « pseudo-leucotriènes ». « Nous pensons que les molécules que nous appelons ‘pseudo-leucotriènes’ sont les acteurs dominants de la cascade inflammatoire à l’origine de la maladie », explique-t-il.
Les leucotriènes, jusqu’à présent considérés comme les principaux coupables, se forment sous l’action d’enzymes qui transforment les lipides, c’est-à-dire les molécules de graisse. Les pseudo-leucotriènes, en revanche, sont créés par la fixation d’oxygène sur ces mêmes lipides, un processus initié par des molécules particulièrement réactives appelées « radicaux libres ». Salomon compare ce phénomène à « presque une explosion ou un incendie ».
Cette découverte ouvre la voie à une approche thérapeutique radicalement nouvelle. Les patients asthmatiques pourraient présenter une carence en enzymes et en antioxydants capables de neutraliser ces radicaux libres, favorisant ainsi la formation de pseudo-leucotriènes.
« La véritable signification de notre découverte réside dans la possibilité de traiter cette maladie avec des médicaments qui arrêtent ou au moins affaiblissent l’action des radicaux libres, plutôt qu’avec des médicaments qui bloquent la cascade qui est censée produire le déclencheur des leucotriènes »,
Robert Salomon, expert à l’Université Case Western Reserve
Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont analysé des échantillons d’urine de patients atteints d’asthme, qu’il soit léger ou sévère, et les ont comparés à ceux de personnes ne souffrant pas de cette maladie. Ils ont ainsi pu identifier la présence de ces pseudo-leucotriènes, dont la concentration était directement liée à la gravité des symptômes. Ils envisagent désormais que ces molécules puissent servir de nouveau biomarqueur pour évaluer la sévérité de l’asthme et suivre l’efficacité des traitements.
