Publié le 4 décembre 2025 19h02. La Serbie fait face à une crise énergétique et économique majeure suite à la fermeture de sa seule raffinerie de pétrole, conséquence des sanctions américaines. Cette situation menace des milliers d’emplois, augmente les coûts du carburant et met en péril les finances publiques.
- La Serbie est fortement dépendante du gaz russe et peine à diversifier ses sources d’approvisionnement énergétique.
- La fermeture de la raffinerie NIS, due aux sanctions américaines, pourrait entraîner des pertes d’emplois importantes et une hausse des coûts du carburant.
- Malgré son alignement sur la politique américaine concernant l’Ukraine, Belgrade s’est vu refuser une dérogation aux sanctions.
La fermeture de la raffinerie NIS, seule unité de raffinage du pétrole en Serbie, pourrait avoir des répercussions durables sur l’économie et la sécurité énergétique du pays. Les sanctions américaines, visant les actionnaires majoritaires russes de l’entreprise, ont contraint NIS à cesser ses activités de raffinage depuis début octobre. Les experts craignent un impact significatif sur la croissance économique, obligeant la Serbie à importer du carburant à des prix beaucoup plus élevés.
NIS assurait auparavant 80 % des besoins en carburant du pays. La situation est d’autant plus préoccupante que la Serbie est fortement dépendante du gaz russe, qui représente 90 % de son approvisionnement énergétique. Belgrade avait sollicité une dérogation de 90 jours auprès des États-Unis, afin de permettre à Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC) de finaliser l’acquisition de NIS et de relancer la production. Cette demande a été rejetée par Washington, suscitant des inquiétudes quant à d’éventuelles pénuries de carburant et à une instabilité politique.
Des négociations sont en cours pour la vente de NIS à des acheteurs potentiels en Hongrie et aux Émirats arabes unis. Si aucun accord n’est conclu d’ici la mi-janvier, l’État serbe pourrait être contraint de racheter l’entreprise pour un montant estimé à 1,4 milliard d’euros.
La fermeture de NIS menace également des milliers d’emplois, non seulement au sein de la raffinerie, mais aussi dans son réseau de stations-service. La situation est aggravée par l’expiration prochaine de la licence d’exploitation du groupe russe Lukoil, qui exploite plus de 100 stations-service en Serbie. Au-delà des pertes d’emplois, NIS est un contributeur majeur au budget de l’État serbe, ayant versé plus de 2 milliards d’euros l’année dernière. Sa fermeture entraînerait donc une perte importante de recettes publiques.
Bien que la Serbie ait affiché son soutien à la politique américaine envers l’Ukraine, notamment en fournissant des armes aux forces armées ukrainiennes, sa demande d’exemption aux sanctions a été refusée. La prolongation récente du contrat gazier avec la Russie, malgré les sanctions et les pressions de l’Union européenne, a également soulevé des questions.
