Santiago, 12 janvier 2026. Le Chili s’apprête à laisser derrière lui trois années consécutives de déficits budgétaires, un héritage qui pourrait compliquer la tâche du nouveau président, José Antonio Kast, alors que le gouvernement sortant de Gabriel Boric tente de défendre ses réalisations.
- Le déficit budgétaire de 2025 devrait atteindre -2,7 % du PIB, dépassant les prévisions initiales.
- L’opposition critique la gestion budgétaire du gouvernement Boric et redoute des coupes budgétaires plus importantes que prévu.
- L’équipe de José Antonio Kast met l’accent sur la nécessité de relancer l’investissement et l’emploi, notamment par une simplification réglementaire.
La Direction du Budget (Dipres) confirmera à la fin du mois de janvier que l’exercice 2025 se clôturera avec un déficit budgétaire, marquant ainsi une troisième année consécutive de non-respect des objectifs fixés. Initialement estimé à -1,6 % du produit intérieur brut (PIB), ce déficit a été révisé à plusieurs reprises pour atteindre désormais un niveau de -2,2 %. Cependant, le ministre des Finances, Nicolas Grau, anticipe un résultat final encore plus élevé, atteignant -2,7 %.
Ce chiffre plus élevé que prévu pourrait constituer un obstacle pour José Antonio Kast, qui prendra ses fonctions prochainement. L’opposition, menée par les partis de droite, dénonce une gestion budgétaire imprudente et craint que le nouveau gouvernement ne soit contraint de mettre en œuvre des mesures d’austérité plus sévères que prévu pendant la campagne électorale.
Le député Agustín Romero, représentant du parti Républicain, a déclaré que les citoyens finiront par payer pour les erreurs de ce gouvernement.
« Considérant que ce manque de rigueur est alerté depuis des mois, nous avons aujourd’hui le droit légitime de présumer que l’intention du gouvernement serait de transférer un réajustement non financé, de telle sorte que le coût politique et fiscal soit assumé par la prochaine administration, ce qui constitue un acte de grave irresponsabilité et de mauvaise foi démocratique. »
Déclaration publique de cinq parlementaires de l’UDI, du Renouveau national et des Républicains, membres de la commission des Finances
Le gouvernement Boric, quant à lui, met en avant des progrès réalisés en matière de réduction de la dette publique et souligne que l’économie chilienne se trouve dans une situation plus favorable qu’au moment où il a pris ses fonctions. Cependant, ces arguments ne suffisent pas à apaiser les inquiétudes de l’opposition.
L’équipe de José Antonio Kast a déjà annoncé qu’elle se concentrerait sur la relance de l’investissement et de l’emploi. Lors d’une récente rencontre à Louer, le président élu et son futur ministre des Finances, Jorge Quiroz, ont présenté leur feuille de route pour les prochaines années.
Jorge Quiroz a insisté sur la nécessité de simplifier les réglementations pour attirer les investissements. Il a notamment évoqué la suppression de 15 000 instructions et la réduction du nombre de circulaires de 1 500 à 11 dans le secteur de l’urbanisme et de la construction.
« Nous allons supprimer les autorisations. »
Jorge Quiroz, futur ministre des Finances
L’objectif est de créer un environnement plus favorable aux entreprises et de stimuler la croissance économique. ICARE a couvert cet événement.
