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Recherche : L’intestin affecte votre façon de penser

by Sophie Martin

Publié le 17 janvier 2026 14:51:00. L’interaction constante entre l’intestin et le cerveau est de plus en plus reconnue comme un facteur clé de la santé mentale et digestive. Des recherches récentes explorent le potentiel des traitements psychologiques et de la manipulation de la flore intestinale pour améliorer le bien-être.

  • Le système nerveux entérique, souvent appelé « deuxième cerveau », assure une communication bidirectionnelle complexe avec le cerveau.
  • Des perturbations de cette communication peuvent être à l’origine de troubles tels que le syndrome de l’intestin irritable (SII).
  • Les chercheurs étudient comment les émotions et le stress peuvent exacerber les symptômes digestifs.

L’estomac et le cerveau ne fonctionnent pas en vase clos. Une communication permanente et sophistiquée existe entre les deux, influençant à la fois notre état mental et notre santé digestive. Des études récentes mettent en lumière l’importance de cet « axe intestin-cerveau » et ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques.

Le tube digestif possède son propre système nerveux, le système nerveux entérique, communément surnommé « cerveau abdominal ». Composé d’environ 168 millions de cellules nerveuses, il est capable de fonctionner de manière autonome tout en interagissant étroitement avec le cerveau central.

« Pour avaler, une impulsion cérébrale est nécessaire. Pour aller aux toilettes, c’est la partie inférieure de la moelle épinière qui intervient. »

Ulrika Marklund, professeure au Karolinska Institutet

Cette communication bidirectionnelle est illustrée par des expériences fascinantes. Des chercheurs ont observé que même en dehors du corps, l’activité intestinale persiste, démontrant l’indépendance relative du système nerveux entérique. Les signaux transitent par les nerfs, les vaisseaux sanguins et des messagers chimiques.

Les intestins
La flore intestinale produit des substances qui peuvent atteindre le cerveau via le sang et ainsi affecter à la fois le comportement et la santé mentale. (Photo : Canva)

Lorsque cette communication est perturbée, des pathologies peuvent se développer. Dans le cas du syndrome de l’intestin irritable (SII), par exemple, les voies nerveuses pourraient commencer à signaler une douleur même en l’absence de lésions physiques. L’anxiété et le stress peuvent alors aggraver les symptômes.

« Si vous commencez à percevoir votre estomac comme une menace, vous ressentirez davantage de symptômes. »

Brjánn Ljótsson, professeur de psychologie clinique au Karolinska Institutet

Les recherches actuelles se concentrent sur l’exploration de nouvelles approches thérapeutiques, combinant traitements psychologiques et interventions ciblant la flore intestinale, afin de restaurer l’équilibre et d’améliorer la qualité de vie des patients souffrant de troubles digestifs et/ou mentaux.

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