Publié le 15 janvier 2026 00:17:00. L’opposition mexicaine dénonce une réforme électorale portée par le gouvernement de Claudia Sheinbaum, la qualifiant de « loi Maduro » et craignant une prise de contrôle du processus électoral. Les critiques s’intensifient alors que le débat sur l’autonomie de l’Institut national électoral (INE) est relancé.
- Les partis d’opposition PRI et PAN accusent le gouvernement Morena de vouloir s’assurer un contrôle total des élections face à une possible perte de popularité.
- Ricardo Anaya, du PAN, et Alejandro Moreno, du PRI, dénoncent une stratégie visant à affaiblir les institutions démocratiques et le pouvoir judiciaire.
- L’INE a présenté ses propositions techniques pour une réforme électorale, qui sont remises en question par Pablo Gómez, responsable de la commission gouvernementale chargée de la réforme.
Une vive opposition se dessine autour de la réforme électorale proposée par la présidente Claudia Sheinbaum. Les législateurs du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) et du Parti d’action nationale (PAN) ont lancé une offensive pour dénoncer cette initiative, la qualifiant de « loi Maduro », en référence aux pratiques controversées en matière électorale au Venezuela. Ils craignent que cette réforme ne vise à affaiblir l’Institut national électoral (INE) et à concentrer le pouvoir entre les mains de l’exécutif.
Ricardo Anaya, coordinateur du PAN au Sénat, a déclaré que cette réforme ne visait pas à améliorer le système démocratique, mais plutôt à assurer un contrôle total des élections.
« Pour nous, c’est la loi Maduro que le gouvernement Morena veut établir au Mexique. Concernant la présence du président sur le bulletin de vote et la révocation de mandat, nous ne le demandons pas, mais si le gouvernement le veut, il me semble qu’il fait une erreur. »
Ricardo Anaya, coordinateur du PAN au Sénat
Il accuse le gouvernement de se préparer à un scénario où il ne disposerait plus du soutien de la majorité et de vouloir s’accrocher au pouvoir par des modifications des règles électorales.
Selon Anaya, cette stratégie s’inscrit dans un agenda plus large visant à affaiblir les contre-pouvoirs, notamment le pouvoir judiciaire et les organismes autonomes. Il a dénoncé une offensive contre le pouvoir judiciaire, qu’il considère comme une étape de ce plan.
Alejandro Moreno, leader du PRI, partage les inquiétudes d’Anaya. Il accuse Morena de chercher à subordonner l’INE au pouvoir politique.
« Cette réforme électorale, cette folie qu’ils présentent, c’est la loi Maduro, parce que c’est une loi égale à celle qu’ils ont faite au Venezuela. Ils cherchent à détruire l’INE, à détruire les organes juridictionnels chargés de sanctionner, d’évaluer et de qualifier les élections et, évidemment, à détruire les partis politiques. »
Alejandro Moreno, leader du PRI
Il souligne que l’initiative ne répond pas à une demande citoyenne ni à une nécessité technique, mais qu’il s’agit d’une tentative de concentrer les décisions clés au sein de l’exécutif.
Parallèlement, l’INE a soumis ses propositions techniques pour une réforme électorale à la commission présidentielle pour la réforme électorale, dirigée par Pablo Gómez. Ces propositions incluent des mesures concernant le contrôle des élections, la parité hommes-femmes, le maintien du système parlementaire plurinominal, la modernisation des processus électoraux et la séparation des élections judiciaires et des élections ordinaires.
Cependant, Pablo Gómez a immédiatement remis en question l’autonomie de l’INE, affirmant qu’un organisme administratif de l’État ne peut pas être véritablement autonome. Gómez a souligné que l’appareil administratif et judiciaire fait partie de la souveraineté de l’État et que sa fonction est de faire respecter la loi.
Le débat sur la réforme électorale s’annonce donc houleux et pourrait avoir des conséquences importantes sur l’avenir de la démocratie mexicaine. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si les inquiétudes de l’opposition seront prises en compte et si un compromis pourra être trouvé.


