Publié le 20 novembre 2025 à 03h25. Un régime cétogène très restrictif en glucides, suivi médicalement, pourrait améliorer significativement le poids, la sensibilité à l’insuline et l’équilibre hormonal chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), selon une nouvelle analyse d’études cliniques.
- Un régime cétogène, sous surveillance médicale, est associé à une perte de poids, une réduction du tour de taille et une amélioration des taux de testostérone chez les femmes souffrant du SOPK.
- L’étude souligne l’importance d’une surveillance médicale et d’une supplémentation nutritionnelle pour minimiser les risques potentiels liés à ce régime restrictif.
- Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour évaluer les effets à long terme et comparer l’efficacité du régime cétogène à d’autres approches alimentaires.
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) touche environ une femme sur dix en âge de procréer. Cette condition est souvent liée à une résistance à l’insuline, à une prise de poids et à une inflammation chronique, pouvant entraîner des troubles menstruels, des difficultés de fertilité et un risque accru de problèmes cardiovasculaires. Si une perte de poids modeste peut aider à réguler le cycle menstruel et à améliorer les chances de conception, de nombreux régimes alimentaires s’avèrent difficiles à suivre sur le long terme.
Une équipe de chercheurs a récemment analysé les résultats de plusieurs essais cliniques randomisés (ECR) portant sur l’impact d’un régime cétogène très pauvre en glucides (VLCKD) chez les femmes atteintes de SOPK. Leurs conclusions, publiées dans le British Journal of Nutrition, suggèrent que ce type de régime pourrait offrir des bénéfices à court terme.
L’analyse a porté sur 12 études, impliquant plus de 800 femmes atteintes de SOPK originaires d’Italie, de Chine, du Pakistan et des États-Unis. Les protocoles de régime variaient en termes de calories (entre 750 et 1 500 kcal par jour) et de teneur en glucides, mais visaient tous à induire un état de cétose, en limitant fortement l’apport en glucides tout en maintenant un apport suffisant en protéines.
Les résultats ont révélé des améliorations significatives sur le plan anthropométrique, avec une perte de poids moyenne de 9,57 kg (ADM −9,57 kg), une réduction du tour de taille de 7,75 cm (ADM −7,75 cm) et une diminution de la masse grasse corporelle de 7,44 kg (ADM −7,44 kg). L’indice de masse corporelle (IMC) a également diminué de 3,45 kg/m² (ADM −3,45 kg/m²), et le rapport taille/hanche (WHR) s’est légèrement amélioré.
Sur le plan hormonal, les taux de testostérone libre ont diminué de 0,31 ng/dL (ADM −0,31 ng/dL) et les taux de testostérone totale ont diminué de 7,21 ng/dL (ADM −7,21 ng/dL), tandis que les taux de globuline liant les hormones sexuelles (SHBG) ont augmenté de 15,22 nmol/L (ADM +15,22 nmol/L). Les taux d’hormone lutéinisante (LH) ont également diminué, ce qui pourrait indiquer une amélioration de la fonction ovarienne.
En outre, les femmes participant aux études ont présenté une amélioration de leur contrôle glycémique et de leur sensibilité à l’insuline, avec une diminution des taux de glucose à jeun, d’insuline à jeun et de l’indice HOMA-IR. Les taux de triglycérides ont également diminué, tandis que les taux de cholestérol total, de cholestérol LDL et de cholestérol HDL n’ont pas été significativement modifiés.
Les chercheurs soulignent toutefois que la plupart des études incluses dans l’analyse étaient de courte durée et présentaient une hétérogénéité importante en termes de protocoles alimentaires et de suivi de l’observance. Ils insistent sur la nécessité de mener des recherches supplémentaires pour évaluer les effets à long terme du régime cétogène sur la santé des femmes atteintes de SOPK, ainsi que pour comparer son efficacité à d’autres approches alimentaires. Ils recommandent également une surveillance médicale étroite et une supplémentation nutritionnelle pour minimiser les risques potentiels associés à ce régime restrictif.
Les travaux futurs devraient également tenir compte des différents phénotypes de SOPK, car les réponses au régime alimentaire peuvent varier en fonction des caractéristiques individuelles de chaque patiente.
