Publié le 15 décembre 2025 à 01:57:00. Des chercheurs suédois lancent une étude pour évaluer la faisabilité d’un régime alimentaire axé sur la santé cérébrale, le régime MIND, chez des adultes souffrant d’obésité, ouvrant la voie à une meilleure compréhension des liens entre alimentation, microbiote intestinal et bien-être psychologique.
- Une étude suédoise vise à déterminer si le régime MIND est réalisable pour les personnes obèses.
- Les résultats permettront d’explorer les interactions entre l’alimentation, le microbiote intestinal, la santé mentale et l’obésité.
- L’étude recrutera 126 adultes et analysera des données sur l’observance, la rétention, l’acceptabilité et le microbiote intestinal.
L’obésité et les troubles de santé mentale sont souvent liés et représentent un défi majeur de santé publique. Une nouvelle étude menée en Suède explore l’impact potentiel d’un régime alimentaire spécifique, le régime MIND (Mediterranean-DASH Intervention for Neurodegenerative Delay), sur ces deux aspects. Les chercheurs cherchent à déterminer si ce régime, axé sur des aliments bénéfiques pour le cerveau et l’intestin, peut être adopté de manière réaliste par des adultes souffrant d’obésité.
La prévalence du surpoids et de l’obésité a augmenté de manière significative en Suède au cours des deux dernières décennies, en particulier chez les jeunes adultes. Plus de la moitié de la population suédoise présente un poids non sain, avec des disparités observées en fonction du sexe, du pays de naissance et du niveau d’éducation. Cette tendance souligne la nécessité de développer des stratégies préventives globales, intégrant à la fois la santé physique et mentale.
Le régime MIND, qui privilégie les légumes-feuilles, les baies, l’huile d’olive, les céréales complètes, les légumineuses, les noix, la volaille et le poisson, est riche en antioxydants, en fibres et en graisses saines. Il ne s’agit pas d’une simple combinaison des régimes méditerranéen et DASH (Dietary Approaches to Stop Hypertension), mais plutôt d’une sélection ciblée des composants considérés comme les plus bénéfiques pour la santé cérébrale et métabolique. L’étude vise à évaluer si ce modèle alimentaire peut favoriser la perte de poids et améliorer le bien-être mental dans un contexte suédois.
L’étude MIND-GUT est un essai clinique randomisé qui recrutera 126 adultes obèses âgés de 25 à 50 ans dans la région de Västra Götaland. Les participants devront avoir un indice de masse corporelle (IMC) d’au moins 30 kg/m² (pouvant être abaissé à 27 kg/m² en cas de difficultés de recrutement) et avoir accès à Internet. Ils seront répartis en deux groupes : un groupe d’intervention suivant le régime MIND et un groupe témoin recevant des conseils nutritionnels standard.
Les participants seront suivis pendant 12 semaines, au cours desquelles des mesures physiques (poids, taille, composition corporelle, tension artérielle, tours de taille et de hanches) seront prises. Des questionnaires en ligne permettront d’évaluer les comportements liés au mode de vie, le bien-être psychosocial, les attitudes alimentaires, les symptômes intestinaux et l’apport alimentaire. L’anxiété, les symptômes dépressifs et le stress perçu seront évalués à l’aide d’instruments d’auto-évaluation validés. L’observance du régime alimentaire sera mesurée à l’aide d’une liste de contrôle simplifiée.
Les participants du groupe d’intervention recevront un plan de repas structuré basé sur le régime MIND, avec un apport énergétique quotidien limité à 2 300 kcal pour les hommes et 1 900 kcal pour les femmes. Le groupe témoin recevra des conseils diététiques standard conformes aux recommandations suédoises. Les deux groupes seront encouragés à limiter leur consommation d’alcool et à éviter les boissons gazeuses, et bénéficieront d’un suivi régulier.
Des échantillons de selles seront prélevés au début, à la semaine 6 et à la semaine 12 afin d’analyser l’évolution du microbiote intestinal. Les principaux critères d’évaluation seront l’observance, la rétention et l’acceptabilité du régime MIND. Des critères secondaires incluront les modifications du microbiote intestinal, de l’anxiété, des symptômes dépressifs, du stress perçu, du poids, de la masse grasse, du rapport taille/hanches et de l’IMC. Les analyses seront exploratoires et serviront à orienter de futurs essais cliniques.
Cette étude représente une étape importante pour évaluer la faisabilité d’une intervention basée sur le régime MIND chez les adultes obèses. Si les résultats sont positifs, cette approche pourrait éclairer le développement de stratégies alimentaires personnalisées et de politiques de santé publique visant à promouvoir une alimentation saine pour le cerveau et le corps. Plus d’informations sur l’étude sont disponibles sur le site de Frontiers in Nutrition.
Référence du journal :
- Gustafson D, Rothenberg E, Steingrimsson S, Carlsen HK, Belloni F, Eruvuri N, Knez R, Olsson E, Burk RD, Cena H, De Giuseppe R, Tognon G (2025). Exploring the interplay between diet, obesity, mental health and gut microbiota, the MIND-GUT intervention study, study protocol. Frontiers in Nutrition. 12. DOI : 10.3389/fnut.2025.1703255
