L’œuf, aliment de base de nombreuses cuisines, a longtemps été au centre de débats nutritionnels. Des études récentes confirment que sa consommation, loin d’être un danger pour la santé, pourrait même être associée à une meilleure longévité, à condition de bien comprendre son rôle dans l’alimentation.
Pendant des années, l’œuf a été pointé du doigt en raison de sa teneur en cholestérol, considéré comme un facteur de risque cardiovasculaire. Cependant, les recherches ont nuancé cette vision. Selon le nutritionniste Miguel López, connu sur les réseaux sociaux sous le nom de Nutreconciencia, et intervenant dans le podcast Fit Generation Nutrition, l’impact de l’œuf sur le cholestérol sanguin n’est pas aussi direct qu’on le pensait.
« La consommation d’œufs est associée à une mortalité plus faible », a-t-il expliqué. Il précise toutefois qu’il ne faut pas en déduire que l’œuf est un aliment miracle ou qu’il est seul responsable de cet effet bénéfique. L’importance du contexte alimentaire est primordiale.
L’expert souligne la complexité de l’interprétation des études scientifiques. Il arrive fréquemment que des recherches aboutissent à des conclusions opposées, non pas parce qu’elles sont erronées, mais parce qu’elles posent des questions différentes ou utilisent des paramètres de comparaison distincts. « Deux études peuvent donner des résultats opposés et toutes deux être vraies, car la question à laquelle elles répondent est différente », a-t-il précisé.
Ainsi, remplacer des céréales complètes ou des légumineuses par des œufs pourrait ne pas être un choix optimal. En revanche, substituer des viennoiseries industrielles, de la charcuterie ou des petits-déjeuners riches en sucre par des œufs constitue une amélioration significative de l’alimentation. Dans ce cas, une augmentation de la consommation d’œufs pourrait effectivement contribuer à une meilleure santé ou à une diminution de la mortalité.
Pour établir un lien de causalité clair, il faudrait comparer deux régimes alimentaires identiques, ne différant que par la présence ou l’absence d’œufs. L’étude Predimed, une référence en matière de régime méditerranéen, illustre cette complexité. Elle a conclu que le modèle alimentaire le plus sain était celui incluant des œufs, mais, comme le rappelle López, « Nous ne pouvons pas en déduire que l’effet final de ce régime est dû à un aliment spécifique, mais c’est plutôt le tout ». Il insiste sur le fait que ce sont les effets combinés de tous les éléments du régime qui sont bénéfiques.
En conclusion, l’œuf, consommé dans le cadre d’une alimentation équilibrée, ne doit plus être considéré comme un ennemi de la santé, mais comme un aliment potentiellement bénéfique.
Références
Myers, M. et Ruxton, SHC (2023). Oeufs : sains ou risqués ? Un examen des données probantes issues d’études de haute qualité sur les œufs de poule. Nutriments, 15(12), 2657. https://doi.org/10.3390/nu15122657


