Publié le 18 novembre 2025 à 01h20. Les Émirats arabes unis sont devenus un client majeur de l’industrie de l’armement française, mais des questions se posent quant à l’utilisation finale de ces équipements, notamment dans le contexte du conflit au Soudan.
- Entre 2015 et 2024, les Émirats arabes unis ont commandé pour plus de 21 milliards d’euros d’armes à la France.
- Abou Dhabi rejette toute implication dans le conflit soudanais et affirme respecter les réglementations internationales en matière de contrôle des exportations d’armes.
- Des pressions sont exercées par l’Union européenne pour que les Émirats arabes unis cessent de fournir des armes aux Forces de soutien rapide (RSF) au Soudan.
Selon un rapport gouvernemental publié cette année, les Émirats arabes unis figurent parmi les principaux acheteurs d’armement français, avec des commandes s’élevant à plus de 21 milliards d’euros sur la période 2015-2024. Ce volume d’achats témoigne du renforcement des liens économiques et stratégiques entre Paris et Abou Dhabi.
Face aux préoccupations croissantes concernant le conflit au Soudan, où les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF) sont accusées de graves violations des droits de l’homme, les Émirats arabes unis se défendent de toute implication. Un responsable gouvernemental a déclaré à POLITICO que son pays « rejette catégoriquement toute affirmation selon laquelle il apporterait une quelconque forme de soutien à l’une ou l’autre des parties belligérantes depuis le début de la guerre civile », ajoutant qu’Abou Dhabi « condamne les atrocités commises par les deux » parties au conflit.
« Il n’existe aucune preuve concrète que les Émirats arabes unis aient apporté un quelconque soutien à RSF ou soient impliqués dans le conflit. »
Responsable gouvernemental émirati
Le responsable a également souligné que les Émirats arabes unis appliquent « un régime de contrôle des exportations complet et solide, conforme à leurs obligations applicables en vertu du droit international, notamment en matière de contrôle des armements ». Ces déclarations interviennent alors que des organisations internationales et des observateurs s’inquiètent de la possibilité que des armes françaises, revendues par les Émirats arabes unis, alimentent le conflit au Soudan.
Le renforcement des relations entre l’Union européenne et les Émirats arabes unis est également en cours. Fin octobre, le président du Conseil européen, António Costa, a qualifié Abou Dhabi de « partenaire important et fiable pour l’UE : pour la prospérité, la stabilité et la sécurité de nos deux régions et au-delà ». La commissaire européenne chargée des affaires méditerranéennes, Dubravka Suica, prévoit également de se rendre dans les pays du Golfe, dont les Émirats arabes unis, le mois prochain, selon un responsable de l’UE qui a souhaité rester anonyme.
Dans ce contexte, des voix s’élèvent pour demander à l’UE d’exercer des pressions sur les Émirats arabes unis. Kabeir a déclaré qu’il est impératif que l’Union européenne utilise son influence diplomatique, notamment lors de la prochaine visite, pour inciter les autorités émiraties à « cesser d’envoyer des armes aux RSF ». Il a mis en garde sur les conséquences régionales du conflit soudanais, soulignant que « ce qui se passe en Afrique subsaharienne a des conséquences en Méditerranée » et que l’instabilité au Soudan pourrait entraîner une augmentation des flux migratoires vers l’Europe.
